(ats) Les enfants et les adolescents doivent être mieux protégés contre le harcèlement sexuel sur Internet. Le National a accepté mercredi, par 93 voix contre 89 et 3 abstentions, une motion d'Yvonne Feri (PS/AG) visant à renforcer l'arsenal législatif contre le "pédopiégeage en ligne". Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.

Le "pédopiégeage en ligne" est le fait de confronter des enfants à un acte d'ordre sexuel par écrit ou des moyens informatiques, a rappelé la motionnaire. L'utilisation accrue d'Internet a fait exploser le nombre de désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel.

L'Argovienne demande de poursuivre d'office le harcèlement sexuel en ligne quand la victime a moins de 16 ans. Aujourd'hui, il n'est puni que sur plainte, a-t-elle déploré.

"Or, selon le degré de maturité, les enfants et les adolescents ne sont pas conscients de ce qu'ils sont en train de vivre et encore moins qu'il s'agit d'un délit", a-t-elle déclaré. Ils peuvent aussi éprouver un sentiment de honte et n'en parler à personne ou alors qu'à des jeunes de leur âge. Ainsi, les parents ou des spécialistes ne sont pas au courant.

"Nous devons aux jeunes la protection dont ils ont besoin", a insisté la socialiste. Elle a été entendue par la gauche et le centre.

La ministre de justice et police Karin Keller-Sutter a rappelé en vain que le code pénal fait actuellement l'objet d'une révision. Celle-ci envisage que les personnes auteures de harcèlement sexuel, en envoyant des messages ou des images à connotation sexuelle, soient punissables. L'article correspondant inclurait aussi les canaux informatiques.