(ats) La Confédération devrait obtenir 2,7 milliards de plus pour le budget 2022. Le Conseil national a approuvé lundi, par 138 voix contre 54, la demande de rallonge, qui concerne majoritairement les mesures de lutte contre le coronavirus. L'achat de nouvelles doses de vaccin a fait débat.

Le crédit demandé de 314 millions de francs et le crédit d'engagement de 730 millions pour l'achat de vaccins en 2022 et 2023 ont été la cible de l'UDC et du Centre. Ils souhaitaient réduire le crédit demandé à 195 millions de francs et le crédit d'engagement à 233 millions.

Il faut revenir à la normale le plus vite possible, un financement spécial de la Confédération en matière de vaccins n'est plus justifié, a estimé Sandra Sollberger (UDC/BL). Et de tabler sur le fait que l'immunité de base de la population sera suffisante l'hiver prochain et qu'il n'y a plus besoin d'avoir une gestion de crise.

Le Centre a lui pointé un "gaspillage" des doses de vaccin. Il a fallu jeter des doses car leur date de péremption était dépassée, a argué Jean-Paul Gschwind (Centre/JU).

Mieux vaut commander trop que pas assez, a contré le ministre des finances Ueli Maurer, rappelant que le gouvernement avait été critiqué au début de la pandémie pour n'avoir pas agi assez vite. Le virus du Covid-19 mute très souvent, "nous ne pouvons pas nous prononcer maintenant sur la situation en automne", a abondé Barbara Gysi (PS/SG) pour la commission.

Les crédits serviront aussi à financer la recherche sur le Covid long, a ajouté Anna Giacometti (PLR/GR). Elle a été entendue par 111 voix contre 78.

Paiements rétroactifs contestés

La nouvelle contribution fédérale à l'assurance-chômage de 2,1 milliards de francs a également été contestée. Cette somme doit permettre de financer les paiements relatifs à l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail, qui doit être versée rétroactivement en vertu d'un arrêt du Tribunal fédéral. Ce dernier a estimé que le calcul de ces indemnités devait aussi tenir compte des décomptes de vacances et des jours fériés.

Seules les entreprises ayant porté plainte devraient être rétroactivement indemnisées, selon l'UDC. Le parti souhaitait réduire le montant à 100 millions de francs. C'est déjà beaucoup, a avancé Thomas Aeschi (UDC/ZG).

Les autres partis disaient que toutes les entreprises doivent être indemnisées. Il s'agit d'une égalité devant le droit, a relevé Felix Wettstein (Vert-e-s/SO). L'application serait limitée au contexte du coronavirus et ne créerait pas de précédent juridique ou politique, a ajouté M. Maurer. Il a été suivi par 139 voix contre 51.

L'udc voulait encore supprimer les ressources supplémentaires allouées à l'Office fédéral de la santé publique. Il y a un risque de pérennisation de ces charges alors que l'office doit reprendre ses activités selon un régime normal, selon Jacques Nicolet (UDC/VD). Sans succès.

Pour 2022, les dépenses liées au Covid-19 s'élèvent à 10 milliards, en tenant compte du nouveau supplément. Le Parlement a déjà donné son feu vert à des dépenses de 7,3 milliards.

Aide humanitaire en Ukraine

L'udc a combattu, en vain, d'autres points du supplément au budget. Elle voulait notamment supprimer le crédit d'engagement pour la compensation à l'étranger des émissions de gaz à effet de serre de l'administration fédérale. Les crises du coronavirus et de l'Ukraine ne doivent pas éclipser la crise climatique, a opposé Ueli Maurer.

Le parti national-conservateur refusait aussi de compenser une partie des dépenses prévues dans le cadre de la coopération bilatérale au développement pour l'hébergement des personnes en quête de protection en provenance d'Ukraine. Le Conseil fédéral a demandé en outre un crédit de 61 millions de francs, pour une enveloppe totale de 80 millions pour l'aide humanitaire en Ukraine.

Le supplément au budget comprenait encore 44 millions de francs pour permettre à InnoSuisse de soutenir des projets novateurs en 2022. Ce soutien est indispensable comme la Suisse n'est pas associée à Horizon Europe, a souligné Michel Matter (PVL/GE). Le National a encore approuvé, par 155 voix contre 35, le fonds d'infrastructure ferroviaire pour 2022.

Le Conseil des Etats empoignera le dossier mercredi.