(ats) Mardi, lors de l'heure des questions au Conseil national, le ministre de l'économie Guy Parmelin a été à plusieurs reprises interrogé sur l'impact des sanctions suisses prises à l'encontre de la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine. Il est impossible de mesurer ces effets, selon lui.

Comme les sanctions suisses sont conjointes à celles de l'Union européenne et d'autres Etats partenaires, on ne peut pas savoir comment la situation aurait évolué si Berne n'avait pas pris de sanctions, a précisé le ministre. Les effets de ces sanctions ne sont "pas quantifiables".

Ces mesures visent l'économie russe, a-t-il rappelé. Il a cependant concédé qu'elles ont des effets sur l'économie helvétique, mais que Berne s'efforce de les réduire autant que possible, en étroite collaboration avec les entreprises concernées ou les banques impliquées.

Guy Parmelin a encore souligné qu'aucun contournement de sanctions n'avait été observé. "La Suisse n'a pas à rougir dans la mise en oeuvre des sanctions." Le Secrétariat d'Etat à l'économie a une longue expérience dans ce domaine et a augmenté ses ressources pour surveiller l'application des mesures.

But pas encore atteint

M. Parmelin a encore indiqué qu'il n'y avait pas de feuille de route ou de critères prédéfinis pour lever ces sanctions. Leur but est de faire cesser au plus vite la guerre en Ukraine et les souffrances de la population, un objectif pas encore atteint, selon lui. "Si l'UE lève ses sanctions, la Suisse le fera aussi, en vertu des bases légales", a-t-il toutefois précisé.

Questionné également sur l'impact des sanctions sur la famine en Afrique du Nord et au Proche-Orient et donc sur une possible vague migratoire en provenance de ces régions, le ministre a concédé que la guerre a un "impact massif" sur les exportations de produits alimentaires de l'Ukraine et de la Russie, deux exportateurs majeurs en la matière. Mais qu'il est difficile d'estimer les conséquences des sanctions sur la migration.

Le ministre de l'économie a encore rappelé que Berne a refusé la semaine dernière les demandes de l'Allemagne et du Danemark de transmettre du matériel de guerre de provenance suisse à l'Ukraine. Il a aussi estimé que le renchérissement des prix de l'essence et du diesel en Suisse n'était pas un signe de défaillance du marché.