Selon les derniers chiffres disponibles, seuls 12% des auditeurs écoutent encore des programmes de radio uniquement sur la FM; 88% recourent à la réception numérique des programmes (DAB+, radio via le réseau TV ou Internet). L'objectif de la motion est donc quasiment déjà réalisé.
C'est le secteur radiophonique qui a décidé l'arrêt de la FM, a rappelé au nom de la commission Bruno Storni (PS/TI). Les coûts pour la diffusion sont en effet assumés par les entreprises. Il s'agit d'une transition surtout technique.
Mais plusieurs élus UDC et du Centre se sont inquiétés des difficultés à recevoir la radio par le DAB et Internet dans les abris. Ils estiment qu'il y a un problème de sécurité. En Suisse, la réception DAB en voiture est aussi faible, a ajouté Philippe Kutter (Centre/ZH). Aucun pays européen à part la Norvège n'a renoncé à la FM.
Forte abstention de la gauche
En 2020, 42 des 44 radiodiffuseurs suisses et la SSR s'étaient mis d'accord sur un arrêt anticipé et échelonné des stations FM. Mais le dossier a pris un tour politique. Le pionnier des radios privées en Suisse Roger Schawinski a remis à Berne une pétition de plus de 60'000 signatures contre l'interruption de la FM.
L'auteur de la motion Ruedi Noser (PLR/ZH) n'a pas été suivi par son propre camp. La gauche s'est fortement abstenue.
Du point de vue du Conseil fédéral depuis début 2020, la diffusion FM est volontaire, les radios peuvent librement choisir de renoncer à l'utilisation des émetteurs FM avant l'échéance des concessions en 2024. Ni le Conseil fédéral, ni l'administration n'interviennent dans ce processus.