En 2020, la compagnie ferroviaire a affiché une perte de 617 millions de francs, l'an dernier de 325 millions. Le nombre de passagers s'est réduit de 40%, a rappelé Jean-Paul Gschwind (C/JU) au nom de la commission. Le trafic grandes lignes en principe rentable n'a pas reçu d'aide Covid.
Pour les sénateurs, la situation comptable des CFF remet en cause les investissements dans les infrastructures. Ils demandaient que les déficits des CFF causés par le Covid-19 soient considérés comme extraordinaires. La Confédération doit garantir le financement des projets ferroviaires selon la planification établie dans le cadre de l'étape d'aménagement 2035.
Mesures d'assainissement
Le train de mesures destiné à stabiliser les finances des CFF, annoncé en décembre dernier par le Conseil fédéral, a suscité l'inquiétude. La compagnie doit réduire ses coûts d'au moins 80 millions de francs par an à partir de 2024, soit environ 500 millions de francs d'ici à 2030, a précisé M. Gschwind.
En outre, le prix des sillons dans le trafic grandes lignes sera abaissé et compensé par l'intermédiaire du fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF). C'est cette ponction sur le FIF qui a créé la polémique. Ce d'autant plus que le Parlement venait de lui allouer 233 millions de francs supplémentaires pour l'année 2022.
Les déficits et les mesures d'assainissement mettent en péril la mise en oeuvre des projets des CFF, a argué Felix Wettstein (Vert-e-s/SO). Et M. Gschwind de lui rétorquer que l'ensemble des projets du Prodes seront réalisés. "Même si certains enregistrent des retards."
De plus, les CFF ont suffisamment de capital propre, a avancé le grand argentier Ueli Maurer. L'argent qui serait alloué à la compagnie manquerait dans d'autres secteurs, comme les hôpitaux, a-t-il averti. Le National n'a pas suivi.