(ats) Le Fonds pour l'environnement mondial doit bénéficier de 197,75 millions de francs pour la période 2023 à 2026. Contre l'avis de sa commission, le Conseil des Etats a soutenu lundi l'enveloppe gouvernementale, par 39 voix contre 3. Le National doit encore se prononcer.

Ce crédit est prévu pour la huitième reconstitution du Fonds pour l'environnement mondial, la reconstitution du Fonds multilatéral pour l'ozone, ainsi que pour les deux fonds spéciaux pour le climat, soit le fonds pour les pays les moins avancés et le fonds spécial pour les changements climatiques.

Par rapport à la période précédente, le Conseil fédéral demande une augmentation de près de 50 millions de francs. Les catastrophes climatiques frappent partout sur la planète, et finiront par toucher la Suisse aussi, a avancé Adèle Thorens Goumaz (Vert-e-s/VD). La ministre de l'environnement Simonetta Sommaruga est allée plus loin en insistant sur le fait que "le changement climatique se passe déjà chez nous".

Chacun doit, selon ses capacités, participer à l'effort collectif, a poursuivi Mme Thorens Goumaz. Et de citer le président de la Confédération Ignazio Cassis, qui a appelé tous les pays à contribuer au financement climatique lors de la COP27.

En n'augmentant pas ses contributions, la Suisse enverrait un mauvais signal à la communauté internationale et perdrait aussi de l'influence sur la scène internationale, selon la Vaudoise. "La réputation de la Suisse au niveau international est en jeu. Nous avons toujours respecté nos engagements."

PLR et Centre convaincus

S'exprimant pour la minorité, Adèle Thorens Goumaz a réussi à convaincre le PLR et le Centre. Les problèmes environnementaux ne connaissent pas de frontières, a estimé Daniel Fässler (Centre/AI). La protection du climat doit être vue de manière globale, a abondé Matthias Michel (PLR/ZG). Il faut cependant compenser ces 50 millions supplémentaires dans les finances fédérales, a demandé Damian Müller (PLR/LU).

C'est justement pour des raisons financières que la majorité de la commission de l'environnement ne voulait débloquer que 147,83 millions de francs. Au vu de l'évolution des finances fédérales, une augmentation des contributions suisses n'est pas judicieuse, a avancé le rapporteur de commission Hansjörg Knecht (UDC/AG). Les chiffres sont "alarmants", il faut mettre un frein aux dépenses. Seule une partie de son parti est restée rangée derrière lui.