Le budget présenté par le Conseil fédéral prévoit 81,3 milliards de francs de recettes et 86,2 milliards de dépenses. Le frein à l'endettement est respecté, il en résulte une marge de manoeuvre de près de 209 millions de francs, s'est félicité Jean-Paul Gschwind (Centre/JU), tout en pointant qu'elle était mince.
Le budget de la Confédération reste solide si on le regarde de l'extérieur, a noté Roland Fischer (PVL/LU). La Suisse a un des endettements les plus faibles au monde, a appuyé Sarah Wyss (PS/BS).
Compromis
Le Conseil fédéral a essayé de faire un compromis entre les différentes positions, a indiqué le ministre des finances Ueli Maurer. Mais à l'avenir aussi, il faudra faire des compromis, "en bons Suisses". "Il faudra lâcher du lest sur tous les plans."
Avec la perte importante de la Banque nationale suisse au premier semestre, il ne sera peut-être pas possible que des recettes soient distribuées à la Confédération et aux cantons, ce qui pourrait encore grever les finances fédérales, s'est pour sa part inquiété Jean-Pierre Grin (UDC/VD) pour la commission.
Le frein à l'endettement est formellement respecté, mais à moyen terme, "la Suisse risque de heurter un iceberg financier dont nous ne voyons que la pointe", a illustré Alex Farinelli (PLR/ZH). Le Parlement a accepté des projets dont le financement n'est pas réaliste, a commenté Alois Gmür (Centre/SZ).
"Les dépenses d'aujourd'hui, ce sont les impôts de demain pour nos enfants", a abondé Lars Guggisberg (UDC/BE). "Il faut nous restreindre, fixer des priorités, tirer le parachute d'urgence afin de ne pas atterrir de manière brutale sur le sol de la réalité."
Dépenses du personnel
Les partis ont déjà pointé les thèmes sur lesquels ils vont se concentrer. Le PS veut par exemple plus d'argent pour l'aide humanitaire. "Les plus pauvres, ceux qui souffrent de la faim ont besoin de notre aide. Les aider sur place permet de diminuer les vagues de réfugiés", a déclaré Martina Munz (PS/SH).
Les Vert-e-s ont rappelé les engagements climatiques de la Suisse. Michel Matter (PVL/GE) a lui souligné l'importance de la recherche et de la formation. "Il s'agit de notre richesse, de notre avenir."
S'attirant déjà les foudres de la gauche, l'UDC a défendu des réductions dans les dépenses du personnel. "L'administration préfère s'auto-alimenter de travail plutôt que favoriser les synergies entre offices", a critiqué Jacques Nicolet (UDC/VD).
Les débats se poursuivent par blocs thématiques. Les députés discutent pour commencer des points relatifs aux relations avec l'étranger et à la migration.