La décision a cependant été prise sur un score serré de 102 voix contre 90. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. Il n'est pas sûr qu'il suive. Dans un premier avis, sa commission compétente a rejeté la proposition à l'unanimité.
Protéger les enfants
La violence sexuelle prend de nombreuses formes sur Internet, a rappelé le motionnaire. Le nombre de cas de pédocriminalité est déjà extrêmement élevé et il continue de grimper. Pourtant, la lutte contre ce fléau n'est une priorité ni pour la Confédération ni pour les cantons et ne reçoit par conséquent pas assez de ressources. "Il est urgemment nécessaire de protéger nos enfants."
Les investigations secrètes en l'absence même de soupçons sont un moyen de lutte efficace, selon Fabio Regazzi. Or, depuis l'entrée en vigueur du nouveau code de procédure pénale, la police fédérale ne peut plus mener de telles investigations de son propre chef. Les cantons se sont eux dotés de bases légales les autorisant.
Mais la pédocriminalité sur Internet ne s'arrête pas aux frontières cantonales. La lutte contre ces délits demande beaucoup de ressources et de coordination. Une compétence fédérale est nécessaire, a jugé Philipp Matthias Bregy (Centre/VS) pour la commission. La police fédérale doit pouvoir à nouveau mener des investigations secrètes, même en l'absence de soupçons.
Perte de savoir-faire
Pour la gauche, il n'est pas pertinent d'octroyer à la Confédération des taches relevant des cantons. "La lutte contre la pédocriminalité fonctionne", a rappelé Nicolas Walder (Vert-e-s/GE). Revoir les compétences serait contre-productif.
"Il faudrait constituer une nouvelle unité", a poursuivi le Genevois. "Cela mettrait en péril les savoir-faire et les compétences développées par les cantons." Le camp rose-vert n'a toutefois réussi qu'à convaincre une partie de la droite.