La répartition actuelle au sein du Conseil fédéral date de 2019. Guy Parmelin avait alors délaissé la Défense pour l'Economie, un poste convoité par Karin Keller-Sutter. Viola Amherd s'était elle profilée pour reprendre le Département de justice et police, qui a finalement atterri dans les mains de la libérale-radicale. La Valaisanne avait alors dû se contenter de l'armée.
Envie de changement
Les deux femmes pourraient aspirer à un changement. L'achat des F-35A finalisé, la saga autour des avions de combat est terminée. Viola Amherd pourrait partir la conscience tranquille. La juriste de formation pourrait finalement obtenir le dicastère de justice et police, si sa cheffe actuelle s'en délestait.
Un scénario envisageable. Karin Keller-Sutter pourrait lorgner sur les Finances, à défaut d'obtenir l'Economie. Elle s'éloignerait des thématiques sécuritaires et migratoires qui lui collent à la peau.
La centriste pourrait toutefois également tenter de reprendre le dicastère maousse de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), perdu par son parti après le départ de Doris Leuthard. La boucle pourrait être bouclée avec les nouveaux reprenant la Défense et la Justice.
Viola Amherd pourrait cependant aussi décider de rester à la tête de l'armée, selon les dernières rumeurs. Le DETEC pourrait alors éventuellement tomber entre les mains d'un des deux nouveaux.
Albert Rösti n'a pas caché son intérêt pour le dicastère. Il pourrait pourtant lui échapper, vu son profil pro énergies fossiles. Présidente de la commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie au Conseil des Etats, Elisabeth Baume-Schneider pourrait aussi se profiler. La rocade pourrait encore se complexifier, si l'un des autres ministres entre dans la danse.
Berset et Cassis, double inconnue
Guy Parmelin ne devrait pas bouger. Il a récemment obtenu son département de prédilection. Il n'en sera pas forcément de même pour Ignazio Cassis et Alain Berset.
Le ministre des affaires étrangères est sous le feu des critiques pour avoir laissé s'enliser les relations avec Bruxelles, après avoir tiré la prise sur l'accord-cadre. Il peine également à convaincre sur les dossiers internes, notamment sur une redéfinition de la neutralité.
Le Tessinois pourrait vouloir chercher un peu d'air frais aux Finances, que la droite ne souhaite pas voir tomber entre les mains de la gauche. Quitter son dicastère pourrait toutefois être vu comme un abandon de poste. Un risque qu'il pourrait ne pas être prêt à prendre à moins d'une année des élections, alors que son siège est convoité par les Vert-e-s.
Partira ou restera?
Alain Berset est lui plutôt dans une dynamique positive. Il vient de remporter une victoire d'étape avec la réforme de l'AVS. Le socialiste pourrait avoir envie de renouveau, après plus de dix ans à l'Intérieur. Le dicastère des finances ne serait pas une idée saugrenue pour ce docteur en sciences économiques.
Le Fribourgeois, qui avait réussi en son temps le concours diplomatique, pourrait aussi se lancer le défi de ranimer la politique européenne. Une patate chaude que l'ancien médecin cantonal tessinois serait probablement prêt à lui échanger. Mais les intérêts partisans pourraient ne pas suivre.
Les socialistes pourraient faire pression pour que la santé et les assurances sociales n'aillent pas au camp bourgeois. Alain Berset pourrait aussi décider de quitter le Conseil fédéral après sa présidence, l'année prochaine. A son arrivée en 2012, il avait annoncé la couleur: trois mandats. Fin 2023, il n'en sera pas loin. Un changement aussi près d'un départ n'aurait pas de sens.
L'importance de l'ancienneté
Si l'un des deux latins s'empare des Finances, Karin Keller-Sutter pourrait en outre s'immiscer dans l'équation et tenter sa chance aux Affaires étrangères ou à l'Intérieur. Parmi les dernières arrivées, la Saint-Galloise pourrait toutefois ne pas réussir son pari. La tradition veut que les ministres fassent valoir leur préférence par ordre d'ancienneté. S'ils ne sont pas d'accord, ils votent.