(ats) Hormis quelques bémols, les premières réactions politiques aux élections d'Elisabeth Baume-Schneider et Albert Rösti au Conseil fédéral étaient très consensuelles et positives mercredi. Malgré la surprise Baume-Schneider, le microcosme ne semble pas chamboulé.

Les messages de félicitations des partis, sur Twitter notamment, ont afflué, parfois pour les deux élus, d'autres fois pour un(e) des deux seulement.

Parmi les quelques voix acérées qui se sont exprimées, le coprésident du PS Suisse Cédric Wermuth s'est félicité de l'échec de la "mini-révolte macho de l'UDC, du PLR et du Centre", en référence aux 58 voix obtenues au premier tour par le Zurichois Daniel Jositsch.

Réserve radicale

Le parti libéral-radical (PLR) a estimé que la nouvelle majorité latine du gouvernement créait un "déséquilibre régional" qui ne devait se produire "que pour une courte période de transition".

Le chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales, le conseiller national vaudois Roger Nordmann, a piqué le PLR en déclarant que la Suisse n'allait pas s'effondrer à cause de cette majorité latine.

Le fait que les grandes villes du pays ne soient plus représentées au gouvernement a fait grincer quelques dents. L'UDC zurichoise a ainsi relevé que "le canton de Zurich ainsi que la Suisse orientale" - semblant oublier la Saint-Galloise Karin Keller-Sutter - "ne sont désormais plus représentées au gouvernement fédéral". Cela place le Conseil fédéral devant "une grande responsabilité et exigera de lui beaucoup de doigté", relève le parti cantonal.

La Conférence des gouvernements de la Suisse du Nord-Ouest se réjouit du fait qu'avec Mme Baume-Schneider, "l'optique du Nord-Ouest en tant que centre économique, d'innovation et centre culturel soit à nouveau présente au gouvernement fédéral". La nouvelle élue connaît bien les problématiques des régions frontalières, souligne la Conférence.

"Une rassembleuse"

Le président du gouvernement jurassien David Eray a estimé qu'Elisabeth Baume-Schneider a su rassembler les forces politiques dans son canton, bien au-delà de la gauche qu'elle représente. "Sa convivialité et sa capacité à trouver des majorités ont contribué à faire la différence", a-t-il dit.

"Dans le canton, tous les partis se sont mobilisés derrière sa candidature, et je sais que même des personnalités jurassiennes de droite se sont engagées pour elle à Berne", a-t-il ajouté.

Les qualités de conciliatrice de la nouvelle élue ont peut-être fait pencher la balance, a poursuivi le ministre jurassien, soulignant la qualité d'écoute de la nouvelle conseillère fédérale, qui avait joué lorsqu'elle était ministre cantonale un rôle-clé dans le règlement de la Question jurassien.

Du côté des organisations, les écologistes d'actif-trafiC se sont dits consternés par l'élection d'Albert Rösti. Avec lui, c'est "un véritable lobbyiste du pétrole" qui accède au gouvernement, critiquent-ils.