(ats) L'élection d'Elisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral a constitué l'une des plus grandes surprises politiques de ces vingt dernières années, estime Le Temps dans un éditorial. Elle interroge toutefois et génère des inquiétudes pour le bon fonctionnement du système, selon le quotidien.

Pour le Temps, les compétences seules d'Elisabeth Baume-Schneider, reconnue comme accessible, spontanée, engagée et talentueuse, n'expliquent pas son élection. Elle est aussi le résultat de petits calculs politiques.

Certains élus, dans les partis de droite, ont considéré qu'un PS avec deux conseillers fédéraux romands serait affaibli en vue des prochaines élections fédérales. D’autres ont pensé à leurs propres intérêts ou ceux de leurs proches, estime le journal, qui note que des hommes alémaniques ont de grandes chances lorsqu’il faudra remplacer Alain Berset.

Au moment du retrait de Guy Parmelin, la question linguistique ne sera plus prioritaire. Concrètement, l’élection de la Jurassienne est une mauvaise nouvelle pour les deux Vaudois Roger Nordmann et Pierre-Yves Maillard, ainsi que pour la Genevoise Céline Amaudruz, qui pouvaient rêver du Conseil fédéral, ajoute Le Temps.

Cette élection pose aussi des questions de représentativité. Le Conseil fédéral ne comprendra plus de représentant des grandes villes, "ce qui est problématique au moment où le poids politique des villes est déjà beaucoup trop faible". Le "sacro-saint équilibre linguistique" est lui aussi mis à mal par ce choix.

Des retours de balancier pour les Romands ou le PS sont à prévoir dans la campagne fédérale à venir. L’élection, dans un an, d’un Vert au détriment d’un socialiste au Conseil fédéral n'est par exemple plus impossible, conclut le journal.