(ats) La réforme de la politique agricole est à nouveau sur les rails. Le Conseil des Etats a adopté mardi à l'unanimité un projet allégé, deux ans après avoir suspendu la très contestée PA22+. La gauche n'est pas parvenue à y inclure la protection du climat.

Le projet révisé reprend les recommandations que le Conseil fédéral a faites dans son rapport publié en juin. La mise en œuvre de la politique agricole à partir de 2022 (PA22+) se fera de façon échelonnée. Certains points controversés ont été retirés de la première mouture, en particulier les paiements directs, a indiqué Peter Hegglin (Centre/ZG) pour la commission.

Cette révision s'inscrit dans la nouvelle stratégie qu'a arrêtée le Conseil fédéral à l'horizon 2050. Les agriculteurs continueront à produire plus de la moitié des aliments en Suisse. Les émissions de gaz à effet de serre auront diminué de 40% par rapport à 1990.

Ruedi Noser (PLR/ZH) salue le nouvel objectif de l'agriculture suisse. "Si on est 10 milliards sur cette terre, nous avons besoin d'une politique agricole intensive et durable". Et non d'une agriculture moins productive, plus écolo et surchargée de règles.

"L'Etat a la responsabilité d'assurer la sécurité alimentaire", a souligné Werner Salzmann (UDC/BE). Et il est illusoire de penser que les paysans puissent produire au prix du marché mondial et en même temps assurer leur revenu.

"Projet minimaliste"

Adèle Thorens (Vert-e-s/VD) salue la stratégie qui inclut l'ensemble des acteurs, des consommateurs à la distribution en passant par l'industrie de transformation. "Les agriculteurs ne peuvent pas réduire seuls les impacts négatifs sur la nature, même si ce sont eux qui cultivent les terres et exploitent le bétail".

Mais pour elle, le projet de loi débattu aujourd'hui est minimaliste. Il renonce à des mesures pour la biodiversité qui étaient prévues dans la PA22+ initiale. Il renonce aussi à prendre des mesures pour le climat. "Nous ne pouvons pas attendre 2030 pour engager de manière conséquente notre agriculture dans la lutte contre le réchauffement climatique".

"A l'impossible nul n'est tenu", a répondu le conseiller fédéral Guy Parmelin. Le Vaudois est convaincu qu'il valait mieux "initier une politique des petits pas qui va quand même dans la bonne direction, plutôt que de forcer et d'arriver à rien du tout".