Dès le 28 février, le Conseil national pourrait se rapprocher du Conseil des Etats dans la controversée réforme du deuxième pilier. Différents modèles de compensation des rentes ont été élaborés.
Celui de la Chambre des cantons est un peu plus généreux avec les générations transitoires, et la commission préparatoire du National préconise de s'y rallier. Mais des divergences demeurent. Et la gauche, qui dénonce une nouvelle réforme faite sur le dos des femmes et des bas revenus après AVS21, a d'ores et déjà annoncé un référendum si le projet n'est pas amélioré.
Les sénatrices et sénateurs auront aussi leur mot à dire sur la question des retraites. Ils se pencheront sur deux initiatives populaires: celle du PS réclamant une 13e rente AVS, et celle des jeunes PLR qui veut relever l'âge de la retraite à 66 ans pour tout le monde. Les deux textes devraient toutefois être rejetés sans contre-projet du Parlement.
Energie au tournant
Un débat fleuve sur l'énergie est aussi au programme des députés: trois jours sont prévus pour débattre de la grande réforme prévue par le gouvernement. Elle vise à développer les énergies renouvelables indigènes ainsi que la sécurité de l'approvisionnement, en particulier durant l'hiver.
Les sénateurs ont déjà largement revu à la hausse le projet du Conseil fédéral. Le National devrait suivre et réclamer aussi une obligation de poser des panneaux solaires sur les nouveaux bâtiments.
Après le solaire, le Parlement veut en outre mettre le turbo sur l'énergie éolienne. Les procédures d'autorisation de construction de parcs éoliens devraient être accélérées, et celles des recours en justice raccourcies.
Primes maladie aussi
La question d'un allégement des primes maladie sera aussi sur la table avec l'initiative "Maximum 10%" du PS. Tant le Conseil fédéral que le Parlement recommandent son rejet, mais le gouvernement a élaboré un contre-projet indirect, soutenu au National.
Les cantons devraient mettre davantage la main à la poche pour réduire les primes. Mais le Conseil des Etats ayant décidé de justesse de ne pas entrer en matière, le National doit se reprononcer.
Une autre initiative populaire s'attaque à la hausse des coûts de la santé, celle du Centre. Elle est flanquée d'un contre-projet indirect du Conseil fédéral. L'idée est d'introduire dans l'assurance de base un objectif de maîtrise des coûts. Au National, une alliance de la gauche et du Centre a permis de justesse de fixer un objectif concret à atteindre. Les sénateurs devraient suivre.
Exportations d'armes
La guerre en Ukraine ne sera pas oubliée. Les débats devraient être animés sur la question des réexportations d'armes, qui a régulièrement fait la une des médias ces derniers temps, Berne ayant jusqu'ici refusé toute réexportation de munitions ou de véhicules vers des pays européens.
Plusieurs interventions devront être examinées dans les deux Chambres pour assouplir la pratique suisse. Le PS a évolué sur la question et se montre ouvert à un compromis avec le PLR, les Vert'libéraux et le Centre, contrairement aux Verts et à l'UDC. Une "task force" chargée de traquer les avoirs des oligarques russes sera également à l'ordre du jour.
Le Parlement va encore débattre d'une série d'objets controversés, comme la redéfinition juridique du viol ("seul un oui est un oui" en opposition à "non, c'est non"), la mise en oeuvre de l'initiative sur la burqa, la naturalisation des personnes de la 3e génération ou encore la liberté de la presse sur les questions liées à la place financière.