(ats) Berne devrait reprendre toutes les sanctions imposées par l'Union européenne à l'Iran, et soutenir financièrement la société civile iranienne. Le Conseil national a soutenu lundi par 107 voix contre 71 une déclaration symbolique en faveur de la démocratie et des droits humains en Iran.

Le National se dit très préoccupé par les derniers développements en Iran et la violente réaction des autorités iraniennes à l'encontre de la population civile. Il exprime son engagement pour la protection des minorités et condamne l'usage excessif de la brutalité par l'Etat iranien, notamment l'exécution publique de manifestants, a lu au nom de la commission Christine Bulliard-Marbach (Centre/FR).

Le National prend aussi acte de l'évaluation de la situation faite par le Conseil fédéral et de ses actions aux niveaux bilatéral et multilatéral. Mais la Chambre lui demande d'aller plus loin.

Berne devrait reprendre les sanctions de l'UE, et "assumer la grande responsabilité qui incombe à la Suisse en sa qualité de place financière et de négoce de matières premières importante à l'échelle mondiale". Le gouvernement devrait aussi soutenir, sur les plans politique et financier, les forces de la société civile qui s'engagent en faveur des droits humains et de la démocratie en Iran.

Pour une minorité, UDC et PLR, le Parlement ne doit pas dépasser ce que fait le Conseil fédéral. "Ce texte est une réaction émotionnelle, il n'y a pas d'analyse politique derrière", a critiqué en vain Yves Nidegger (UDC/GE). Le régime iranien, brutal, n'a pas changé ces 40 dernières années, les sanctions américaines n'ont rien obtenu.

Polémiques

Récemment, des voix, notamment alémaniques, ont critiqué l'ambassadrice de Suisse en Iran, Nadine Olivieri Lozano, pour son apparition en tchador dans un sanctuaire de la ville sainte chiite de Qom. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a soutenu lundi sa diplomate, en marge du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.

Le ministre des affaires étrangères "assume" d'avoir envoyé une ambassadrice à Téhéran, "symbole le plus fort" pour le droit des femmes. Si la visite dans une mosquée de Nadine Olivieri Lozano en tchador était indispensable selon M. Cassis, "la publicité" qui a entouré cet événement ne l'était pas.

Auparavant, c'est le président de la Confédération Alain Berset qui avait été critiqué pour avoir envoyé une lettre de félicitations à Téhéran pour le 44e anniversaire de la révolution islamique.