(ats) L'armée doit pouvoir soutenir le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) jusqu'à fin mars au plus tard, afin de faire face à l'afflux important de requérants d'asile. Le Conseil des Etats a  largement soutenu mercredi cet engagement subsidiaire.

La Suisse doit actuellement faire face à une forte hausse de demandes d'asile, qui viennent s'ajouter aux Ukrainiens ayant trouvé refuge en Suisse. Le Conseil fédéral a décidé en décembre dernier d'engager l'armée en appui.

Un maximum de 500 militaires sont engagés. Près de 3000 places d'hébergement sont mises à disposition, selon Charles Juillard (Centre/JU) pour la commission. Comme cet engagement dépasse trois semaines, le Parlement doit donner son feu vert.

Pas de tâches de sécurité

Les militaires apportent leur soutien pour l'aménagement, la gestion et l'exploitation des infrastructures militaires. Ils s'occupent également du transport des personnes en quête de protection et des requérants d'asile. Ils n'effectuent pas de tâches ayant trait à la sécurité.

Leur présence a aussi pour but de pallier la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée sur le marché du travail. Les militaires sont libérés dès que leurs tâches peuvent être reprises par du personnel civil du SEM, des civilistes ou des prestataires privés.

Pour que ce soutien soit possible, l'armée a dû changer le lieu de certains cours de répétition. Ses activités d'instruction ne s'en trouvent pas restreintes, a assuré Charles Juillard. Jusqu'à présent, jamais plus de 10 à 20 membres de l'armée n'ont été convoqués en même temps, a encore précisé la conseillère fédérale Viola Amherd.

Pas de dépenses supplémentaires

"C'est exagéré", a critiqué de son côté l'indépendant schaffhousois Thomas Minder. "Transporter des réfugiés alors qu'ils pourraient prendre les transports publics comme les autres requérants, c'est une pratique luxueuse qui coûte aux contribuables."

Cet engagement n'entraîne pas de dépenses supplémentaires pour la Confédération, a rappelé Charles Juillard. Le financement, environ 20 millions de francs, sera réglé dans le cadre du budget ordinaire de l’armée. Au vote, il a été suivi par 33 voix contre 5.

En 2022, près de 24'500 demandes d'asile ont été déposées en Suisse, soit environ 64% de plus que l'année précédente. A cela s'ajoutent quelque 75'000 demandes de statut de protection S, déposées par des personnes ayant fui l'Ukraine. Pour 2023, le SEM prévoit entre 24'000 et 40'000 demandes d'asile.

Le Conseil national doit encore se prononcer.