Plusieurs élus de la gauche et du Centre jugeaient ce nouveau rapport inutile au vu des travaux en cours. Mais de nombreux sénateurs ont estimé que le rapport complémentaire sur la politique de sécurité 2021 que le Conseil fédéral a soumis en septembre dernier était incomplet.
"Le rapport complémentaire n'accorde pas assez d'importance à l'orientation vers la défense", a déclaré Werner Salzmann (UDC/BE) pour la commission. Il est certes orienté vers la coopération internationale et le renforcement de l'armée suisse, mais il ne reconnaît pas "le fait que nous faisons face à la menace la plus dangereuse".
Le conseil exige des informations sur la capacité de défense, sous l'angle de la doctrine militaire, des compétences, des structures, de l'instruction et des moyens financiers. "Il y a encore beaucoup de travail au vu du changement complet de la situation internationale", selon Thierry Burkart (PLR/AG).
Marge de manoeuvre
La cheffe du Département fédéral de la Défense Viola Amherd a répondu qu'avec ou sans le postulat, le travail serait accompli. La guerre a déclenché une nouvelle dynamique en matière de collaboration internationale. "La neutralité nous impose des limites, mais il y a une marge de manoeuvre que la Suisse veut mettre à profit", a-t-elle dit.
Charles Juillard (Centre/JU) a mis en doute cette coopération. Lors d'une visite de la commission parlementaire auprès de l'OTAN et de l'UE à Bruxelles, leurs représentants ont dit qu'ils n'attendaient rien de la Suisse. En revanche, ils veulent une "réponse concrète à la question des réexportations de matériel militaire vis-à-vis des pays qui soutiennent l'Ukraine".
"Je crois que nous devons y penser", a-t-il dit devant ses pairs. "Il vaut mieux prendre une décision moyenne à temps qu'une excellente décision trop tard", a ajouté le Jurassien.