Le projet veut accélérer la production d'énergie renouvelable indigène, notamment l'hydraulique, le solaire et l'éolien. L'idée est de remplacer la production des centrales nucléaires et d'avoir assez d'électricité pour les voitures électriques et les pompes à chaleur, a expliqué Roger Nordmann (PS/VD) pour la commission.
La nécessité de développer les énergies renouvelables n'a pas été contestée. Le projet a été largement salué. "C'est un pas en direction d'une bonne stratégie pour sauver le climat", a relevé Ursula Schneider Schüttel (PS/FR).
"En voyant les pentes vertes de nos montagnes et le manque d'eau, on ne peut nier la nécessité de sortir de la dépendance du fossile", a relevé Chrsitine Bulliard-Marbach (Centre/FR). "Nous n'avons pas d'autres solutions que de développer les énergies renouvelables indigènes. Le facteur temps est crucial." Et Jacques Bourgeois (PLR/FR) d'ajouter: "Nous n'avons plus le temps de tergiverser."
Production vs nature
Pour atteindre les objectifs ambitieux du projet, différentes mesures sont sur la table, empiétant parfois sur la protection de la nature. Elles présagent un débat fourni entre les deux bouts de l'échiquier politique. Les deux camps ont déjà mis en avant leurs inquiétudes et leurs aspirations lors du débat d'entrée en matière.
La gauche a mis en garde contre de trop grands empiétements sur la nature et le paysage. "Il faut éviter de construire dans les endroits les plus protégés", a plaidé Ursula Schneider Schüttel. Les biotopes représentent 2% du territoire. "Il n'est pas nécessaire de les détruire pour produire du renouvelable."
Pour Delphine Klopfenstein Broggini (Vert-e-s/GE), les zones proglaciaires sont aussi à préserver. "Ne reprenons pas à la nature ce qu'on lui a déjà pris." Et de plaider pour exploiter les bâtiments existants avant de bousculer la nature.
"Chaque bâtiment et chaque quartier doit devenir une centrale électrique intelligente", a abondé Céline Weber (PVL/VD), soutenant une série de mesures en ce sens. Plusieurs intervenants ont encore soutenu une plus grande sobriété énergétique.
Relancer le nucléaire?
La droite a elle appelé à des solutions pragmatiques. Les défis à surmonter sont nombreux, ont souligné plusieurs orateurs. Et d'énumérer: la décarbonisation, le développement de la mobilité électrique, le remplacement des chauffages par des pompes à chaleur ou encore l'augmentation de la population.
Il faut massivement développer les énergies renouvelables, sans pour autant fermer la porte aux centrales nucléaires de 4e génération, a estimé Jacques Bourgeois. L'UDC voudrait quant à elle relancer dès à présent la construction de centrales nucléaires. "Notre pays pourra ainsi garantir notre approvisionnement de manière économique, efficace et sûre à long terme", a jugé Pierre-André Page (UDC/FR).
Les députés devront trancher. Ils s'attaquent désormais au détail de la loi. Albert Rösti les a appelés à faire en sorte que le projet soit capable de réunir une majorité. Et le ministre de l'environnement de cibler en particulier l'obligation pour les bâtiments existants de s'équiper de panneaux solaires. La disposition ajoutée par la commission doit être biffée, aux yeux du Bernois, afin d'éviter le référendum.