(ats) Les Chambres n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les derniers détails de la réforme de la LPP. Le Conseil des Etats a maintenu deux divergences, notamment sur le seuil d'accès au deuxième pilier. L'objet part en conférence de conciliation.

Après le compromis trouvé lors de la première semaine de la session sur le coeur de la réforme, soit les compensations de rentes pour la génération transitoire, les Chambres peinent à boucler le dossier. Le seuil d'accès au deuxième pilier est désormais au centre de l'attention.

Les Chambres ont changé d'avis plusieurs fois à ce sujet. Cette bataille de chiffres a son importance, car elle a une influence directe sur les coûts de la réforme, via le nombre de personnes qui seront nouvellement assurées.

Le Conseil des Etats a décidé mardi de camper sur ses positions. Il veut un seuil d'accès fixé à 17'640 francs, contre 22'050 aujourd'hui. "On permettra ainsi d'assurer nouvellement, ou de mieux assurer, 200'000 personnes", a rappelé le rapporteur de commission Erich Ettlin (Centre/OW).

L'udc a tenté de suivre la position du National, qui place le seuil d'accès à 19'845 francs et concernerait 100'000 personnes. Les employeurs et le monde de l'agriculture ont exprimé des craintes claires sur cette réforme. Cela va leur coûter cher, a dit Werner Salzmann (UDC/BE). Avec la votation populaire qui s'annonce, il faudra tout le monde à bord, a-t-il averti.

"Nous nous sommes engagés à faire quelque chose en faveur des bas salaires, souvent des femmes, lors de la campagne de votation sur AVS21. Nous devons nous y tenir", a contré Charles Juillard (Centre/JU). C'est une question de dignité.

Au vote, la proposition UDC a été balayée par 32 voix contre 8. La conciliation entre les deux Chambres devrait avoir lieu mercredi.

Retournements

Le National voulait dans un premier temps abaisser le seuil d'accès à 12'548 francs. Le Conseil des Etats avait coupé la poire en deux à 17'640 francs par an. Puis la Chambre du peuple a décidé de justesse de revenir au projet du Conseil fédéral et au droit en vigueur, soit 22'050 francs, la gauche et le PVL craignant que les bas salaires ne passent à la caisse sans voir leurs rentes réellement augmenter.

Mais la Chambre des cantons a alors maintenu sa position. Lundi, les députés du National ont proposé de l'établir à 19'845 francs, en vain.