(ats) La Suisse ne créera pas de banque d'investissement indépendante pour financer la transition écologique. Le National a rejeté mardi sur le fil cinq motions identiques, par 95 voix contre 92 et 3 abstentions. Le PLR et le Centre étaient divisés.

Tous les partis sauf l'UDC ont déposé le même texte. Celui-ci demandait au Conseil fédéral de soumettre au Parlement un projet visant à créer une banque d'investissement indépendante, qui aurait financé subsidiairement des projets de transition écologique en Suisse et à l'étranger.

La transition énergétique représente un défi "sans précédent", a lancé Gerhard Andrey (Vert-e-s/FR). "La Suisse porte une responsabilité exceptionnelle, notamment à l'étranger", a-t-il déclaré. Elle doit jouer un rôle de précurseur pour une place financière durable, a avancé Martin Landolt (Centre/GL).

La place financière helvétique représente un "très grand levier" dans la poursuite des objectifs climatiques, a abondé Céline Widmer (PS/ZH). L'institution devait évaluer des projets novateurs favorables au climat et à la biodiversité, mais qui ne sont à ce jour pas financés par le marché de manière suffisamment importante et rapide.

Actuellement, trop peu de capitaux privés sont investis dans de tels projets car ils sont jugés trop risqués, a argué Roland Fischer (PVL/LU). "Il faut rendre l'engagement des privés plus attrayant."

Meilleures expertises

Le Lucernois a aussi plaidé en faveur de meilleures expertises en la matière. Une telle banque d'investissement permettrait de remettre ce savoir aux investisseurs potentiels. Ce modèle a fait ses preuves dans d'autres pays, a complété Matthias Samuel Jauslin (PLR/AG).

La banque d'investissement ne devait pas concurrencer les investissements privés et devra éviter les effets d'aubaine. Elle devait viser un volume d'investissement total d'au moins 10 milliards, constitué sur une période de dix ans.

Prématuré

La ministre des finances Karin Keller-Sutter, opposée au projet, a eu gain de cause. Selon elle, il est prématuré d'élaborer un projet de l'ordre de 10 milliards de francs sans clarifier au préalable les nombreuses questions de fond qui sont en suspens.

Il faut d'abord s'assurer qu'un tel projet ne puisse pas être réalisé sur le marché privé pour éviter des doublons. Elle a aussi pointé une marge d'action financière de la Confédération "assez limitée" en matière d'investissement. "Les enjeux financiers pour les contribuables ne sont pas clairs."