(ats) La stratégie de la Poste doit stipuler le principe de l'autofinancement pour les années 2025 à 2028. Le National a accepté mercredi sur le fil, par 95 voix contre 94, une motion PLR, au grand dam de la gauche et du Centre. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.

Le volume des lettres et les opérations au guichet s'effondrent, tendance qui n'est pas près de s'arrêter. Le marché des colis connaît certes une forte croissance, mais comme la Poste n'a pas de monopole dans ce domaine, les marges qu'elle dégage sont faibles. Cette évolution a un impact évident sur le bénéfice de la Poste (178 millions en 2020 contre 255 millions en 2019).

Les efforts pour continuer à offrir un service public fondé sur le principe de l'autofinancement sont à poursuivre, a estimé Kurt Fluri (PLR/SO). La Poste doit pouvoir continuer à financer le service universel par ses propres moyens.

De nouvelles pistes doivent être explorées pour adapter le service universel aux nouveaux besoins de la population et des entreprises. Mais sans renoncer au principe de l'autofinancement. Pour ce faire, il faut donner à la Poste plus de marge de manoeuvre au niveau légal pour qu'elle puisse se transformer et se flexibiliser, selon M. Fluri.

Le Conseil fédéral rejette cette demande. Il estime indispensable une discussion de fond sur le financement futur du service universel dans le domaine des services postaux et de paiement. Il conviendra d'examiner si le principe de l'autofinancement représente toujours la forme de financement la plus durable pour un service universel.

Le gouvernement fixe les objectifs stratégiques de la Poste mais ne définit pas les éléments de sa stratégie d'entreprise, a rappelé le ministre des télécommunications Albert Rösti.

Prêts hypothécaires

Quant à Postfinance, la motion propose que la levée de l'interdiction d'accorder des prêts, notamment hypothécaires, et celle d'une éventuelle privatisation ne devraient pas faire partie de ce mandat et être traitées séparément.

En septembre 2022, le Parlement a enterré le projet du Conseil fédéral qui devait permettre à la filiale de la Poste de pouvoir octroyer des crédits et des hypothèques en toute autonomie. La privatisation impacterait fortement les autres sociétés du groupe de la Poste, il faut donc d'abord une vue d'ensemble du dossier.

Des idées sont en train d'être examinées, a ajouté le ministre. Il ne faut pas anticiper les travaux en cours. En vain.