L'étude devra adopter le point de vue des victimes. Les services spécialisés devront être associés, demandent les députées.
Concrètement, le rapport devra analyser les obstacles rencontrés par les victimes lorsqu'elles cherchent de l'aide ou souhaitent porter plainte, ainsi que les causes de ces obstacles. Il devra aussi établir ce dont les victimes ont besoin pour être soutenues et protégées de manière optimale et pour que des poursuites pénales aient lieu.
"Scandaleux"
Il s'agit de crimes "inqualifiables" dont les conséquences pèsent sur les victimes toute leur vie, a argué Mme von Falkenstein. Pour qu'un auteur soit puni, il faut qu'il y ait plainte.
Or seulement 8% des femmes victimes de viols portent plainte, a complété Mme Funiciello. "C'est scandaleux." La plupart renoncent par peur de ne pas être écoutées, par honte ou par peur de la procédure judiciaire, selon elle.
Et de plaider en faveur de procédures "plus respectueuses de la situation des victimes" lorsqu'elles osent se tourner vers la police. Patricia von Falkenstein a encore évoqué des divergences "considérables" entre les cantons concernant le taux de condamnation des auteurs de viols.
"Qui pourraient mieux décrire que les victimes elles-mêmes ce dont elles ont besoin pour faire valoir leurs droits et pour une bonne prise en charge?", a-t-elle encore lancé. "Il faut analyser pourquoi, tout au long du processus, les victimes ne portent pas plainte", a appuyé Tamara Funiciello.
Lien avec l'asile
Opposée, Therese Schläpfer (UDC/ZH) a avancé que des initiatives ont déjà été prises pour mieux prendre en charge les victimes, citant des centres de crise ou des formations contre la violence. Elle a aussi évoqué le thème de l'immigration: "Renvoyer plus de réfugiés permettrait de faire baisser le nombre de victimes."
Ce n'est pas du tout l'objet des postulats de faire le lien entre les violences sexuelles et le domaine de l'asile, a noté la ministre de justice et police Elisabeth Baume-Schneider. Celle-ci s'est montrée favorable aux postulats, se demandant comment renforcer et préciser le système pour que les victimes puissent en avoir confiance.