(ats) La Suisse doit oeuvrer pour que l'Italie respecte l'accord de Dublin. Le Conseil des Etats a accepté lundi, par 23 voix contre 14, une motion de Damian Müller (PLR/LU) demandant une intervention auprès de la commission européenne, malgré les actions déjà en cours du Conseil fédéral.

Depuis décembre dernier, l'Italie refuse de reprendre les réfugiés dont la demande d'asile relèverait de sa compétence en vertu de l'accord de Dublin. Selon cet accord, le pays dit de premier accueil doit mener la procédure d'asile. L'Italie a suspendu unilatéralement cet accord, il y a près de six mois. La situation s'étant encore tendue depuis, l'Italie a déclaré l'état d'urgence en avril 2023.

Au 31 mai, 220 personnes, en attente de retourner en Italie, demeurent bloquées en Suisse. Depuis la suspension des transferts, le délai pour le transfert vers l'Italie de 81 requérants est échu, ce qui oblige la Suisse à les prendre en compte dans sa propre procédure d'asile nationale.

La situation en matière d'asile en Suisse est aussi tendue, selon le motionnaire. Les structures d'asile cantonales sont fortement sollicitées, les centres de la Confédération sont également pleins. Berne doit agir pour que l'Italie revoie sa position, a argué M. Müller, parlant de question de respect envers les cantons.

La Suisse s'engage déjà

La ministre de justice et police Elisabeth Baume-Schneider a rejoint le Lucernois sur le fait d'être ferme par rapport au respect des bases légales. Mais elle a indiqué que la décision italienne ne surcharge pas en elle-même les communes et les cantons. Quelques centaines de personnes seulement sont concernées.

La Suisse réagit déjà et n'est pas la seule, une démarche commune est en cours avec d'autres pays européens, a souligné Carlo Sommaruga (PS/GE). Et d'estimer que c'est la commission européenne qui a le pouvoir de faire pression, par des moyens financiers par exemple.

La ministre s'est rendue à Rome mercredi dernier. Elle a rappelé que le ministre italien de l'intérieur lui avait assuré que son pays était en train d'aménager les structures d'accueil pour que les transferts puissent reprendre dans les prochains mois.

Elle a encore fait part de son voyage prochain à Luxembourg pour parler d'un projet de réforme au niveau de l'asile. L'Italie n'est pas qu'un pays avec lequel il y a des problèmes, c'est un pays voisin, un partenaire économique avec lequel on fait des affaires, a-t-elle souligné.

Seulement la gauche et quelques centristes l'ont entendue. Le National doit encore se prononcer.