La décision a été prise par 103 voix contre 76. L'UDC et le PLR ont plaidé contre. Au vote, plusieurs élus libéraux-radicaux se sont finalement abstenus. Cette enveloppe doit permettre à la Confédération de planifier des villages de conteneurs pour accueillir temporairement des requérants d'asile. Le dossier retourne à la Chambre des cantons qui a déjà refusé tout crédit par deux fois.
"On s'attend à environ 30'000 demandeurs d'asile cette année. Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) n'a rien fait d'autre que d'anticiper une éventuelle crise pour que les procédures puissent être traitées rapidement", a soutenu Claudia Friedl (PS/SG). Rejeter le crédit, c'est tomber dans le piège d'une politique de blocage qui vient servir l'UDC.
La Suisse est un pays ouvert, humaniste qui doit tout mettre en oeuvre pour accueillir les nouveaux arrivants au mieux de ses possibilités et limites communales et cantonales, a souligné Michel Matter (PVL/GE). "On parle d'êtres humains dans ce débat et pas de patates chaudes", a rappelé Heinz Siegenthaler (Centre/BE). Certains de son parti ne l'ont cependant pas suivi.
Trop d'inconnues
Mais pour Peter Schilliger (PLR/LU), il y a encore trop de questions en suspens. Il n'y a pas de situation d'urgence et les capacités d'hébergement sont loin d'avoir été toutes exploitées. Et de rappeler qu'il y a des infrastructures de l'armée notamment en Suisse centrale qui n'ont pas encore vu passer le moindre requérant d'asile.
"Nous ne pouvons pas accueillir toujours plus de migrants qui ne sont pas menacés", a lancé Sandra Sollberger (UDC/BL). Il n'y a pas lieu de débloquer un crédit préventivement. Et d'ici l'automne, les cantons ont le temps de se préparer. Sans succès.
A l'origine, le Conseil fédéral demandait 132,9 millions. Il a déposé une annonce tardive au Parlement dans le cadre du supplément au budget 2023. La ministre des finances Karin Kelle-Sutter a indiqué que, d'entente avec le département d'Elisabeth Baume-Schneider, le Conseil fédéral était d'accord avec le compromis. Cela permettra de créer 1500 places supplémentaires au lieu des 3000 initialement prévues.
Etudier des alternatives en cas de non
Interrogée sur les conséquences d'un éventuel rejet du crédit, la conseillère fédérale a indiqué qu'il faudrait trouver d'autres solutions d'hébergement, dans le respect de la volonté du Parlement. Les rapporteurs de commission ont quant à eux mis en garde sur la nécessité de devoir une fois de plus recourir au droit de nécessité cet automne ou de transférer prématurément les requérants aux cantons, ce qui prolonge la procédure d'asile.
Comme la première phase de la procédure d'asile est du ressort de la Confédération, les conteneurs seraient installés sur des terrains de l'armée à titre temporaire. Le Secrétariat d'Etat aux migrations a déjà identifié quatre sites pour les accueillir: Bière (VD), Tourtemagne (VS), Bure (JU) et Thoune (BE). D'autres emplacements sont à l'étude.