La neutralité est sans aucun doute un principe important de la politique suisse, mais elle ne signifie pas fermer les yeux devant l'injustice, a déclaré le Grison devant l'Assemblée fédérale réunie dans la salle du National. Dans ce conflit, il ne faut pas "hésiter à désigner clairement l'agresseur et la victime", a-t-il ajouté.
C'est pour cette raison que la Confédération a repris les sanctions de l'Union européenne contre la Russie. Elle offre en outre une protection aux personnes fuyant l'Ukraine et apporte son aide humanitaire.
Pour M. Candinas, les valeurs pour lesquelles les Ukrainiennes et les Ukrainiens risquent leur vie "sont également nos valeurs. La sécurité et l'indépendance de l'Ukraine ont une incidence directe sur la sécurité et l'indépendance de la Suisse".
L'udc a critiqué la décision de retransmettre le discours dans l'enceinte du Parlement et annoncé qu'elle boycotterait le discours. Elle dénonce une mesure qui fragilise la politique et la neutralité suisses. A ses yeux, ce sont le président de la Confédération Alain Berset ou le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis qui devrait écouter M. Zelensky, pas le Parlement.
Condamnation
M. Candinas a toutefois rappelé la déclaration adoptée par les deux chambres du Parlement quelques jours à peine après le début de la guerre, le 24 février 2022. Bouleversés par les souffrances causées par l'agression russe contre l'Ukraine, les conseils avaient alors fermement condamné les actions de la Russie.
Quinze mois plus tard, "nous ne devons pas nous habituer et nous ne nous habituerons pas aux atrocités" commises par les forces russes, a martelé M. Candinas. Les attaques contre la population civile et les infrastructures civiles sont "inacceptables" et constituent "une violation claire du droit international humanitaire". La destruction du barrage de Nova Kakhovka n'en est que le dernier exemple.