Les deux Chambres étaient déjà d'accord sur le principe d'ajouter ce projet romand, initialement pas prévu avant 2030, aux cinq autres proposés par le Conseil fédéral. Les coûts des deux projets concernant cet aménagement s'élèvent à 911 millions de francs. Le ministre des transports Albert Rösti a assuré que les délais pourraient être tenus, comme le Conseil fédéral se penchera sur ce projet le mois prochain.
Le Parlement a en outre déjà accepté quelque 4 milliards pour élargir le tronçon de Wankdorf-Schönbühl (BE) de six à huit voies, et celui de Schönbühl-Kirchberg (BE) de quatre à six voies. Cette enveloppe doit servir aussi à dédoubler les tunnels du Rosenberg (SG), du Rhin (BS/BL) et de Fäsenstaub (SH).
Diverses organisations contre le lobby automobile, soutenues par la gauche, ont déjà annoncé un référendum. En revanche, les quelque 8,8 milliards pour la période entre 2024 et 2027 pour l'entretien des routes nationales ne sont pas contestés.
"Faire une exception"
Les transports dans les agglomérations, où vit près de 80% de la population, bénéficieront eux de 1,6 milliard de francs, ont déjà décidé les Chambres. Une enveloppe supplémentaire de 38 millions pour le tunnel routier Moscia-Acapulco dans le projet d'agglomération "Locarnese" fait cependant débat.
Le Conseil des Etats n'en veut pas, contrairement au National. Ce dernier a maintenu jeudi sa position, par 130 voix contre 53. La situation est dangereuse, une décision doit être prise maintenant, a avancé Kurt Fluri (PLR/SO) pour la commission.
Et de rappeler qu'il y a des conditions: le projet doit comprendre des mesures en faveur des transports publics et de la mobilité douce, être avancé à un tel point que son développement serait entravé par l'absence de moyens financiers et utiliser des financements non utilisés des programmes précédents.
C'est une situation particulière, la route est trop étroite dans ce tunnel d'un kilomètre et demi, a appuyé Bruno Storni (PS/TI). "On peut bien faire une exception."
Boîte de Pandore
Cela ouvrirait la porte au chaos, a opposé Michael Töngi (Vert-e-s/LU). Il ne faut pas faire d'exception, afin d'éviter que d'autres cantons ne cherchent par la suite à court-circuiter les procédures normales. Pour être accepté, le projet doit respecter les règles et son efficacité être prouvée, a ajouté le Lucernois, déplorant l'absence de document sur le contenu du projet.
Ce serait ouvrir la boîte de Pandore, a abondé Albert Rösti. Et d'assurer que ce projet sera examiné, de sorte qu'une autorisation préalable pourrait être délivrée pour un début des travaux dès 2027.
Il n'a été entendu que par les Vert-e-s, le PVL et une partie du PLR. Le dossier retourne au Conseil des Etats.