(ats) A un mois des élections fédérales, la gauche et la droite ont croisé le fer sur l'immigration et l'asile mercredi au Conseil national lors d'un "débat extraordinaire". La Chambre a soutenu une motion PLR qui cible la migration secondaire en Suisse depuis des Etats jugés sûrs.

Le Plr a saisi l'occasion pour faire passer une motion qui demande de lutter contre la migration secondaire irrégulière, soit la migration à partir d'un Etat considéré comme sûr, et dans lequel le requérant d'asile a séjourné pendant une longue période.

Le Conseil fédéral devra prendre des mesures bilatérales et mettre un terme aux mouvements secondaires depuis les Etats sûrs. Une décision de non-entrée en matière devrait également être systématiquement rendue aux personnes en provenance d'un Etat tiers sûr qui déposent une demande d'asile en Suisse. La Suisse doit accueillir et protéger les personnes qui en ont vraiment besoin, a dit Damien Cottier (PLR/NE).

Il faut laisser une marge de manoeuvre au Secrétariat d'Etat aux migrations dans ce domaine, a plaidé la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. Dans certains cas, rares, une application stricte irait à l'encontre des règles impératives du droit national ou international.

Elle n'a pas été entendue. Le Conseil des Etats devra toutefois confirmer.

Echec de l'UDC

L'udc a elle fait chou blanc sur ses deux textes. L'un demandait de réintroduire des plafonds et des contingents annuels pour gérer l'immigration. Les conséquences d'une telle immigration de masse sont désastreuses sur le logement, le paysage, les coûts de la santé, la sécurité énergétique, l'éducation, a égrené Andreas Glarner (UDC/AG).

Une autre proposition du parti conservateur, qui n'a pas manqué de dénoncer "l'inaction" du Parlement et du Conseil fédéral sur la question de l'asile, visait à externaliser les procédures d'asile hors d'Europe, "pour que moins de personnes arrivent sur le territoire".

Les deux textes ont été rejetés par tous les autres partis. Le Conseil des Etats avait déjà enterré mercredi matin des propositions similaires.

La Chambre du peuple aurait aussi dû traiter des motions du Centre, du PVL et du PS réclamant une aide humanitaire supplémentaire pour l'Ukraine. Mais elles ont été renvoyées en commission, par 96 voix contre 85, pour des "clarifications juridiques", au grand dam de la gauche, qui a dénoncé l'hypocrisie des partis bourgeois.