Les producteurs indépendants contribuent à la diversité de l'offre en Suisse. Ces entreprises ont besoin d'une sécurité leur permettant de planifier leurs investissements dans la production et le personnel créatif.
"Sans règles contraignantes, le secteur audiovisuel suisse ne peut pas négocier les accords sectoriels définis dans la concession sur un pied d’égalité avec la puissante SSR", constate dans son texte l'ancien conseiller national Kurt Fluri dans son texte. Dans les accords sectoriels conclus jusqu’à présent, les acteurs n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur des objectifs d’externalisation concrets.
Les acteurs de ce marché sont tributaires d’une attribution de contrat de la part de la SSR qui soit fiable, équitable, et conforme aux conditions suisses. Les prestations de production et les productions sur commande externalisées doivent être majoritairement, c’est-à-dire au moins dans la mesure définie par l’accord sectoriel en vigueur depuis 2018, fournies par des acteurs suisses, qu’il s’agisse de producteurs, de techniciens, ou de sociétés de production ou de prestation de services de techniquecinématographique.
Des modèles comme la BBC britannique témoignent du succès que peut avoir une telle mesure. Le fait que la SSR puisse se présenter comme un fournisseur de productions et de services audiovisuels sans que des règles adéquates réglementent cette pratique constitue également un problème. Le financement par la redevance de son infrastructure technique et humaine lui confère un avantage structurel qui peut fausser les conditions du marché.
Actuellement, les fournisseurs privés se voient contraints de quémander des parts de marché à la SSR, ce qui empêche toute négociation sur pied d’égalité. La commission parvient donc à la conclusion que seule une modification de la loi obligeant la SSR à respecter certaines limites lors de la conclusion de contrats avec l’industrie audiovisuelle indépendante permettrait de corriger ce déséquilibre.
Le Conseil des Etats devra se prononcer. Sa commission compétente a déjà refusé d'entrer en matière.