La Suisse doit adopter une position claire à la suite des attaques brutales du Hamas. L'organisation conteste le droit d'Israël à exister, a argué Werner Salzmann (UDC/BE) au nom de la commission. Au travers des attaques qu'il a perpétrées le 7 octobre, le Hamas s'est complètement discrédité en tant qu'interlocuteur.
Le Hamas a été fondé avec le but d'anéantir l'Etat d'Israël et sa population, a ajouté Daniel Jositsch (PS/ZH). C'est une organisation "barbare", dès l'origine. Cette interdiction aurait pu être prononcée plus tôt, selon lui. Cela n'empêche d'ailleurs pas la Suisse de jouer un rôle de médiation dans la région.
Bémol à gauche
Le sénateur genevois Carlo Sommaruga a aussi dénoncé des "actes génocidaires". L'émotion face à ces actes est justifiée. Mais la raison doit guider la politique, a tempéré le socialiste.
Sortir de la pratique actuelle, qui consiste à suivre les prescriptions de l'ONU en matière d'interdiction d'organisations terroristes, soumettra la Suisse à de fortes pressions d'Etats étrangers. "La décision du jour ne changera par ailleurs rien à la situation sur le terrain. Elle pourrait même être dommageable pour le rôle diplomatique de la Suisse au Proche-Orient", a craint M. Sommaruga, qui ne combattait toutefois pas formellement la motion.
Il y a trois semaines, le Conseil fédéral a déjà décidé que la Suisse devait se doter d'une loi pour interdire le Hamas. Un projet doit être présenté au Parlement d'ici fin février 2024. Le 11 octobre, le gouvernement avait décidé de qualifier le mouvement d'organisation terroriste.
Cette loi doit faire l'objet d'un débat large. C'est un sujet sensible, "on le voit bien", a déclaré la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. C'est pour cela que le Conseil fédéral suit la voie législative ordinaire, et n'a pas proposé une loi urgente.
Changement de ton
La motion passe désormais au National. Ce dernier se prononcera en outre la semaine prochaine sur un texte similaire de sa propre commission compétente. Celle-ci a indiqué que "les attaques massives contre Israël montrent que le Hamas ne peut être qualifié que d'organisation terroriste brutale".
Le ton a changé. L'an dernier encore, une telle interdiction a échoué au Conseil national. La commission avait alors estimé qu'une interdiction du Hamas compromettrait l'engagement helvétique en faveur de la promotion et du respect des droits humains. La Suisse est fortement impliquée diplomatiquement en Israël et en Palestine.