(ats) Le vice-chancelier Viktor Rossi (PVL) devient chancelier fédéral. Il remplace le centriste Walter Thurnherr, partant à la fin de l'année. L'Assemblée fédérale l'a élu mercredi au deuxième tour du scrutin.

Viktor Rossi a été préféré à deux candidats soutenus par l'UDC, Nathalie Goumaz et Gabriel Lüchinger, ainsi qu'au candidat sans parti Lukas Gretsch. M. Rossi a obtenu 135 voix sur 245 bulletins, Gabriel Lüchinger 103 voix.

Depuis 2019, le Bernois de 55 ans dirige le secteur Conseil fédéral, la plus grande unité de la Chancellerie fédérale. Il participe ainsi aux séances hebdomadaires du Conseil fédéral et connaît parfaitement les rouages, les processus et les structures de l'administration fédérale.

Fils d'immigrés

"Lorsque mes parents sont arrivés il y a une cinquantaine d'années depuis l'Italie du Sud, ils étaient à la recherche d'une vie meilleure, qu'ils ont trouvée en Suisse (...). Je donnerai toutes mes forces pour cette fonction importante" qui est celle de chancelier, a dit Viktor Rossi dans son discours, remerciant le parti vert'libéral pour son soutien.

M. Rossi entend assurer la continuité à la tête de la Chancellerie fédérale et poursuivre systématiquement la transition numérique de l'administration. Le vote électronique figure aussi parmi les dossiers les plus importants de la Chancellerie pour les années à venir.

Discrétion essentielle

Interrogé par Keystone-ATS, le nouveau chancelier a affirmé que la principale différence avec son poste actuel sera sa responsabilité, qui sera plus importante. Viktor Rossi récuse en revanche le titre officieux de "8e conseiller fédéral". "Je suis responsable de l'administration et pas de jouer le rôle du Conseil fédéral", a-t-il dit. Pour ce faire, la discrétion est une chose fondamentale.

Viktor Rossi a d'abord fait un apprentissage de cuisinier, puis a étudié l'économie et le droit. Après ses études, il a enseigné le commerce avant de diriger l'Ecole professionnelle de Bienne à partir de 1999. En 2009, il a pris la présidence de la Conférence des recteurs d'écoles professionnelles commerciales du canton de Berne avant d'entrer à la Chancellerie fédérale en 2010. Il a été nommé vice-chancelier en 2018.

Viktor Rossi succédera donc à l'Argovien Walter Thurnherr, qui est resté huit ans en place. Dans son discours d'adieu, ce dernier a rappelé l'importance des conditions nécessaires au bon fonctionnement de notre système politique.

Séances "pacifiques"

Et de citer les acquis tels que l'équilibre social entre riches et pauvres, le fédéralisme, la diversité des médias et la formation de l'opinion politique, le respect de la séparation des pouvoirs, la protection des minorités, la culture politique, la paix des langues et le développement économique.

L'actuel chancelier s'est souvenu de sa deuxième séance de commission, et notamment le passage de la Bible qu'il avait consulté auparavant. Un passage de Tobias: "Oh Seigneur, il veut me manger". Il a finalement remarqué que ce n'était pas le cas et que les séances se déroulaient de manière pacifique.

A ce jour, huit chanceliers et une chancelière sont issus du PLR. Le PDC - aujourd'hui Le Centre - en a eu quatre, dont une femme, et le PS un. Après l'annonce de la démission de M. Thurnherr à la mi-août, le chef du groupe UDC Thomas Aeschi (ZG) avait revendiqué le siège. L'UDC n'a encore jamais fourni de chancelier de la Confédération.

Le poste de chancelier est peu connu du grand public. Il participe aux séances du Conseil fédéral, le soutient, mais ne prend pas de décisions politiques. Il a un rôle de médiation, de pilotage et de coordination.