Il se pourrait par exemple que les "tickets" ne soient plus que des recommandations des partis, a déclaré le président du Centre lors du débat des présidents de partis à la télévision alémanique SRF. Lors de l'élection du successeur d'Alain Berset, le sénateur zurichois Daniel Jositsch, qui ne figurait pas sur le ticket du PS, avait obtenu plus de voix qu'un des deux candidats officiels du parti, Jon Pult.
La coprésidente du parti socialiste Mattea Meyer a reproché aux partis bourgeois qu'une partie des membres de leurs groupes parlementaires n'avait pas respecté leurs promesses de voter pour un des candidats officiels.
"Nous avons pris une décision et voté pour quelqu'un du ticket", a répondu pour sa part le président de l'UDC Marco Chiesa. Selon lui, les voix portées sur Daniel Jositsch pourraient venir de membres du Conseil des Etats.
Son homologue libéral-radical Thierry Burkart a lui aussi déclaré que pratiquement toutes les voix du PLR étaient allées au ticket. Pour lui, l'Assemblée fédérale s'est prononcée pour la continuité et la stabilité. "Je suis d'avis que le système a fait ses preuves", a-t-il lancé.
Il est clair que l'Assemblée fédérale s'est prononcée en faveur de la formule magique mercredi, a-t-il dit, tout en reconnaissant que, si certaines tendances électorales se confirment, il faudra rediscuter de la composition du Conseil fédéral.
"Chance manquée"
Dans ce contexte, le président démissionnaire des Vert-e-s Balthasar Glättli a regretté "une chance manquée pour le pays". Les écologistes se sont retrouvés quasiment seuls à soutenir leur candidat Gerhard Andrey. Une telle situation ne s'était jamais produite.
Seule la moitié des Vert'libéraux ont donné leur voix au candidat écologiste. Si l'on obtient malgré tout près de 60 voix, c'est un bon résultat. Maintenant, il faut laisser le nouveau gouvernement travailler.
"Nous sommes arrivés à un point où beaucoup de choses doivent être remises en question au sein du Conseil fédéral", a déclaré le président des Vert'libéraux Jürg Grossen. Pour l'instant, on assiste à un bétonnage du pouvoir. "Nous devrions maintenant faire bouger le système et faire entrer de nouveaux partis", a conclu le Bernois.