(ats) Le refus du PS de soutenir le candidat des Vert-e-s Gerhard Andrey dans la course au Conseil fédéral ne devrait pas avoir de conséquences à long terme dans leur relation, estiment deux politologues consultés par Keystone-ATS. Les deux partis ont trop besoin l'un de l'autre.

"Les Vert-e-s ne pouvaient pas s'attendre de manière réaliste à un plein soutien du PS lors de cette élection", estime le politologue genevois Nenad Stojanovic. Le PLR avait clairement signifié qu'il ne soutiendrait les candidats socialistes que si le PS en faisait de même.

Une analyse partagée par Pascal Sciarini, professeur de sciences politiques à l'Université de Genève. "Le PS a visiblement craint les pressions du camp bourgeois sur le siège d'Alain Berset". En outre, la défaite des Vert-e-s lors des élections fédérales a rendu un éventuel siège écologiste au Conseil fédéral hautement hypothétique.

Péripétie

Interrogée par la RTS, la sénatrice Céline Vara (Vert-e-s/NE) avait estimé que "la position de notre allié socialiste est une énorme déception. On pourrait parler d'une trahison. Cela va être difficile de réparer cela sur le long terme".

Pascal Sciarini admet que le refus du PS de soutenir officiellement la candidature de Gerhard Andrey va créer quelques remous à court terme entre les deux partis. Mais il s'agit davantage d'une péripétie conjoncturelle que d'une tendance à long terme.

La gauche est en effet trop faible en Suisse pour se permettre d'être divisée. Chacun va rapidement revenir à ses positions et les deux partis voteront toujours ensemble. "Les deux formations ont tout simplement trop de points d'accords programmatiques".

"Besoin l'un de l'autre"

Les deux partis ont également trop besoin l'un de l'autre pour que le manque de soutien du PS dans cette élection ne mette en danger leur relation, abonde Nenad Stojanovic. Le politologue mentionne notamment les prochaines élections cantonales, ainsi que la collaboration dans les exécutifs cantonaux et au Parlement.

La candidature des Vert-e-s a mis le PS sous pression, ajoute-t-il. Sur le fond, les socialistes ne préféraient évidemment pas le PLR Ignazio Cassis au candidat écologiste, "mais le PS ne pouvait tout simplement pas jouer avec le feu", estime-t-il.

Le grand enjeu pour les deux partis est maintenant de savoir comment ils vont pouvoir progresser de concert et élargir leur base électorale, relève Pascal Sciarini. Jusqu'à présent, les résultats des deux formations ont en effet souvent évolué selon le principe des vases communicants.