(ats) Le conseiller d'Etat bâlois Beat Jans remplacera Alain Berset au Conseil fédéral. Le socialiste a obtenu mercredi au troisième tour 134 voix sur 245 bulletins valables. Les Vert-e-s ont eux échoués à ravir le siège du PLR Ignazio Cassis.

"Je peux vous assurer que je donnerai tout pour être le meilleur conseiller fédéral pour l'ensemble du pays", a lancé Beat Jans devant les médias, conscient de la "grande mission" qui l'attend. "Les défis sont énormes", a-t-il reconnu. Mais "je veux rester qui je suis et apporter mes valeurs au gouvernement".

Concernant le dossier européen, le conseiller fédéral élu a rappelé que le gouvernement devrait vraisemblablement adopter le mandat de négociation avant son entrée en fonction. La protection des salaires devra être clarifiée afin que le paquet trouve une majorité. Il fera tout pour amener les partenaires sociaux à une solution.

Le Bâlois s'est dit ouvert à tous les départements. La répartition sera discutée ces prochains jours, a précisé le porte-parole du gouvernement André Simonazzi.

Respect du ticket officiel

Beat Jans était donné par de nombreux observateurs comme le favori de cette élection. Son concurrent officiel, le conseiller national grison Jon Pult, n'a jamais dépassé les 54 voix.

Le sénateur socialiste zurichois Daniel Jositsch n'était lui pas sur le ticket officiel. Cela ne l'a pas empêché de recevoir de nombreuses voix à chaque tour, 68 encore au dernier. Il n'est pas monté à la tribune personnellement pour faire de déclaration.

Beat Jans n'est pas surpris que M. Jositsch ait obtenu des voix. Mais il ne s'est jamais inquiété d'une éventuelle élection du Zurichois.

Immédiatement après le premier tour, la co-présidente du groupe socialiste Samira Marti (BL) avait appelé les parlementaires à respecter le ticket officiel, comme les groupes l'avaient promis avant l'élection.

Le député Gerhard Andrey (Vert-e-s/FR) a lui reçu des voix lors des deux premiers tours de la succession Berset, puis a été écarté selon la règle en vigueur pour le troisième tour.

Cassis, sans surprise

L'écologiste s'était auparavant attaqué au siège PLR d'Ignazio Cassis. Gerhard Andrey n'a obtenu que 59 voix. C'est moins que le score obtenu en 2019 par l'ancienne présidente des Vert-e-s, Regula Rytz, lors de la première tentative du parti d'obtenir un siège au Conseil fédéral (82 voix).

Ignazio Cassis s'en est bien sorti, avec 167 voix. La réélection du Tessinois n'est pas une surprise. Seuls les socialistes et le PVL avaient auditionné Gerhard Andrey (Vert-e-s/FR). Les deux groupes avaient indiqué que certains de leurs membres voteraient pour ce dernier.

Un soutien socialiste officiel aurait été trop risqué pour la succession d'Alain Berset, avait indiqué le co-président du groupe Samuel Bendahan (PS/VD). Une position qui a visiblement laissé des traces chez les Vert-e-s, certains parlant de déception, voire de "trahison" de l'allié socialiste.

Parmelin, le mieux élu

Les cinq autres conseillers fédéraux en place ont été réélus sans suspense par l'Assemblée fédérale. Le deuxième siège du PLR a toutefois également été attaqué par les Vert-e-s. Karin Keller-Sutter a obtenu 176 voix. Au total, 69 voix ne sont pas allées à la St-Galloise.

Le score du dernier élu UDC, Albert Rösti, est à peine plus élevé. Il a obtenu 189 voix. Egalement élue en 2022, la socialiste Elisabeth Baume-Schneider a fait le moins bon résultat de la matinée. Elle a obtenu 151 voix. Vingt-trois bulletins portaient le nom de Gerhard Andrey et quinze celui d'Eva Herzog (PS/BS), candidate malheureuse l'année passée.

Le meilleur score a été obtenu par l'UDC Guy Parmelin (215 voix). Viola Amherd a obtenu le deuxième meilleur score avec 201 voix. La centriste, qui a également été élue Présidente de la Confédération, doit faire face à des problèmes de personnel au sein de son département. L'affaires des chars Léopard 1 et de Ruag la place également dans une situation délicate.

La Valaisanne sera secondée par Karin Keller-Sutter. La St-Galloise a été élue à la vice-présidence par 136 voix sur 196 valables. Au total, 99 bulletins portaient le nom d'autres conseillers fédéraux ou étaient vides.

Nouveau chancelier

L'Assemblée fédérale a également élu, par 135 voix sur 245 bulletins valables, Viktor Rossi (PVL) au poste de chancelier fédéral. Gabriel Lüschinger, candidat de l'UDC, a obtenu 103 voix.

Le Bernois de 55 ans succède au centriste Walter Thurnherr. Depuis mai 2019, Viktor Rossi dirige le secteur Conseil fédéral, la plus grande unité de la Chancellerie fédérale. Il participe aux séances hebdomadaires du Conseil fédéral et connaît parfaitement les rouages, les processus et les structures de l'administration fédérale.

M. Rossi entend assurer la continuité à la tête de la Chancellerie et poursuivre systématiquement la transition numérique de l'administration.