Il s'agit de créer un pont avec le Conseil national sans priver d'aide humanitaire une région qui en a cruellement besoin, a expliqué Johanna Gapany (PLR/FR) pour la commission. Et de préciser que la commission a examiné s'il était possible de verser cette somme à une autre organisation qui aurait la même fonction.
A court terme et dans le contexte actuel, cela serait difficile, d'autant plus que la Suisse serait la seule à couper sa contribution, a ajouté la Fribourgeoise. Et de noter que le Conseil fédéral devra toutefois informer régulièrement les commissions de politique extérieure sur les contributions à l'UNRWA et leur utilisation.
Pour Jakob Stark (UDC/TG), ce compromis est boiteux. Avec cette proposition, la contribution à l'UNRWA sera versée normalement et les 10 millions réduits ailleurs. Cela ne respecte pas l'esprit de la coupe opérée par le National, qu'il demandait de suivre. Sa proposition a été rejetée par 29 voix contre 16.
Compromis aussi pour la politique régionale
Le Conseil des Etats a également adopté une solution de compromis concernant la politique régionale. Alors qu'il voulait maintenir la contribution de 25 millions au Fonds de développement régional, le National souhaitait la supprimer. Les sénateurs ont coupé la poire en deux et approuvé tacitement une coupe de 12,5 milllions.
Les Chambres étaient d'accord pour compenser les dépenses excédentaires par une coupe dans le Fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF). Suite aux adaptations qu'il a effectuées, le Conseil des Etats a donné son feu vert à un montant de 38 millions.
Désaccord sur l'armée
Contre l'avis de sa commission, la Chambre des cantons a en revanche maintenu sa position concernant les dépenses de l'armée dans le plan financier. Elles doivent croître plus vite que ce que le Conseil fédéral a décidé et atteindre 1% du PIB en 2030 et non 2035. Le National s'y est opposé à deux reprises.
Plaidant pour une croissance plus rapide des dépenses, Werner Salzmann (UDC/BE) a rappelé que plus les systèmes sont en service longtemps, plus les frais d'entretien augmentent.
Josef Dittli (PLR/UR) a lui cité le ministre allemand de la défense qui a mis en garde contre le danger de guerre qui menace l'Occident en provenance de la Russie. Selon lui, il reste cinq à huit ans pour s'y préparer. Même si cette déclaration concernait l'Allemagne, c'est un signal et la Suisse doit aussi se préparer à pouvoir se défendre à moyen terme, a souligné M. Dittli. Il a été entendu par 27 voix contre 18.
Le dossier repart au Conseil national.