(ats) La Suisse ne se dotera pas d'une autorité indépendante de surveillance et de régulation du marché des matières premières. Par 118 voix contre 70, le Conseil national a refusé mardi de donner suite à une initiative parlementaire écologiste.

Ces dernières années, le secteur des matières premières comme le pétrole ou les céréales a connu une forte croissance. Les entreprises installées en Suisse ont profité de la volatilité des marchés induite par la crise. On estime que le secteur des matières premières représente aujourd'hui plus de 10% du PIB, devant le secteur bancaire, a indiqué Franziska Ryser (Vert-e-s/SG).

Ce poids dans l'économie, associé à l'éventualité accrue de corruption et de dépendance financière, présente un risque que la Suisse ne peut plus ignorer. Les manquements de certaines entreprises peuvent nuire à la réputation du secteur dans son ensemble et de la Suisse en tant que place économique mondiale.

D'où selon elle la nécessité d'instituer une autorité de surveillance semblable à la FINMA dans ce domaine. Mais la droite a fait barrage. Le secteur est déjà régulé par des directives, a rappelé Manfred Bühler (UDC/BE). Et la Suisse vient de mettre en oeuvre le contre-projet indirect à l'initiative "Entreprises responsables".

Le commerce de matières premières est mondialisé. Il convient ici de ne pas avancer trop vite pour ne pas se créer des entraves inutiles aux entreprises suisses. La Suisse s'adaptera aux règles internationales à temps, a ajouté le Bernois.