(ats) La Suisse devrait conclure un accord migratoire avec l'Erythrée. Le Conseil des Etats a tacitement soutenu mercredi une motion de l'ancien sénateur Thomas Minder (Ind./SH) en ce sens. Le National doit encore se prononcer.

Des entretiens avec des représentants du gouvernement érythréen ont lieu régulièrement et des améliorations ont été enregistrées en matière d’identification des ressortissants érythréens. Reste qu'Asmara refuse catégoriquement les rapatriements sous contrainte. La motion demande d'ouvrir des négociations en vue d'un accord ou d'un partenariat migratoire.

La Suisse enregistre quelque 2000 nouvelles demandes de réfugiés érythréens par année. Environ deux tiers obtiennent l'asile. Les chiffres des retours volontaires sont négligeables. Ces dix dernières années, la population résidente permanente d’origine érythréenne est ainsi passée de 10'436 personnes (2011) à 42'168 (2021), sans compter les personnes dans la procédure d’asile.

Le Conseil fédéral est d'accord avec la motion. Il poursuit ses démarches visant à faire progresser la coopération avec l’Erythrée. Mais il doute que le gouvernement érythréen change de position.

La Suisse conclut régulièrement de nouveaux accords de migration et de réadmission avec des pays tiers. Actuellement, la Suisse dispose déjà d’un portefeuille de 66 accords de migration qui règlent également la réadmission.

Des accords migratoires ont dernièrement été négociés et conclus avec la Gambie, la Côte d’Ivoire, le Cap Vert, la Géorgie et la Macédoine du Nord. La coopération avec les pays d’Afrique du Nord et des Balkans par lesquels passent les routes migratoires est une priorité pour le Conseil fédéral.