Dans une tentative de compromis, le Conseil des Etats avait proposé de couper 10 millions dans les actions humanitaires, mais sans préciser où l'argent devait être économisé. Il avait toutefois stipulé que le Conseil fédéral devrait informer régulièrement les commissions de politique extérieure sur les contributions à l'UNRWA et leur utilisation.
Une minorité voulait suivre cette proposition. "Le Conseil des Etats nous a tendu la main, saisissons-la", a plaidé Felix Wettstein (Vert-e-s/SO). Et d'ajouter qu'il est évidemment inadmissible que des membres d'une telle organisation soutiennent un discours haineux, mais "nous ne règlerons pas les choses en coupant les fonds". Cela se fera au détriment de la population civile. L'image de la Suisse en pâtira aussi, elle sera le seul pays à ne plus verser de contribution de base à l'UNRWA, a complété Sarah Wyss (PS/BS).
La renommée de la Suisse est en jeu, mais si elle donne de l'argent à une organisation qui risque d'attiser l'antisémitisme et la haine, a opposé Lars Guggisberg (UDC/BE). Et d'ajouter qu'il faut une année pour voir si cette organisation correspond aux critères. Il y a de meilleurs canaux pour que les moyens arrivent sur place, a encore fait valoir Pius Kaufmann (C/LU).
Au final, la proposition du Conseil des Etats n'a reçu le soutien que de la gauche, des Vert'libéraux et d'une poignée d'élus du Centre et du PLR, majoritairement romands.
Coupe maintenue dans la politique régionale
Les députés n'ont pas non plus voulu de la solution de compromis des sénateurs sur la politique régionale. Les sénateurs, qui voulaient initialement maintenir la contribution de 25 millions aux Fonds de développement régional, ont divisé leur prétention par deux.
Cette option n'a convaincu que le Centre et les Vert-e-s. La politique régionale est importante pour les régions rurales, a plaidé en vain M. Kaufmann. Ce fonds est déjà bien doté. S'il est alimenté, cela se fera au détriment du Fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF), a relevé Peter Schilliger (PLR/LU). Au final, la proposition a été rejetée par 142 voix contre 51.
Les Chambres étaient en effet d'accord pour compenser les dépenses excédentaires par une coupe dans le FIF. Suite aux adaptations qu'il a effectuées, le Conseil national a donné son feu vert à un montant de 16 millions.
Désaccord sur l'armée
Les deux Chambres n'ont de justesse pas réussi à se mettre d'accord sur les dépenses de l'armée figurant dans le plan financier. Le Conseil des Etats souhaite qu'elles croissent plus vite que ce que le Conseil fédéral a décidé et atteignent 1% du PIB en 2030 et non 2035, en accord avec une motion avalisée par le Parlement. Le National s'y est à nouveau opposé mercredi par 98 voix contre 97 avec la voix prépondérante du président.