Le sujet divise le Parlement depuis plusieurs années. Après plusieurs allers-retours entre les Chambres, un projet de loi a été mis en consultation. Les résultats étaient plutôt défavorables, notamment de la part des cantons, c'est pourquoi la commission des institutions politiques du National voulait classer le dossier. Or les députés ont décidé de poursuivre le projet, la dernière fois en juin dernier.
Malgré tout, la commission maintient son avis. L'introduction du droit de vote à 16 ans serait, de manière injustifiée, en contradiction avec les droits et devoirs civils et pénaux prévus pour les citoyens et citoyennes suisses à partir de 18 ans, avance-t-elle. Et d'estimer qu'il est problématique de définir des âges différents pour le droit de vote et le droit d’éligibilité.
Enfin, la commission estime que le Parlement nouvellement constitué doit pouvoir se prononcer sur le principe. Elle pourrait obtenir gain de cause.
Les votes précédents ont toujours été serrés et l'introduction du droit de vote à 16 ans a passé la rampe grâce aux voix de la gauche, du PVL et de quelques élus du Centre et du PLR. Or, aux élections fédérales, les Vert-e-s et le PVL ont perdu des plumes au profit notamment de l'UDC.
Les partisans du droit de vote à 16 ans estiment que le plénum s'est déjà prononcé à plusieurs reprises en faveur de cette introduction. Il faut désormais se pencher sur le projet en détail.
L'exception glaronnaise
Au niveau cantonal, seul Glaris accorde pour l'instant le droit de vote à 16 ans. Victime de l'exode de ses jeunes, il a choisi en 2007 de leur envoyer un signal pour les inciter à rester au pays. D'autres cantons ont refusé une telle disposition, comme Neuchâtel, Uri, Zurich ou Berne.
Sur le plan international, l'Autriche connaît le droit de vote dès 16 ans depuis une dizaine d'années. L'expérience se montre concluante: les jeunes de 16 et 17 ans sont apparemment plus nombreux à voter que les nouveaux électeurs plus âgés.