Après plusieurs allers-retours entre les Chambres, un projet de loi a été mis en consultation. Les résultats ont montré que 15 cantons sont contre l'abaissement du droit de vote de 18 à 16 ans au niveau fédéral. Les milieux patronaux consultés résistent aussi à cette proposition, comme l’Union suisse des arts et métiers (usam) et le Centre patronal.
Les sept cantons à soutenir le projet sont le Jura, Appenzell-Rhodes Extérieures, Berne, Bâle-Ville, Soleure et les Grisons ainsi que Glaris, seul canton à accorder le droit de vote à 16 ans. Dix-sept associations et organisations, dont l'Union syndicale suisse et des mouvements politiques de jeunesse, sont pour.
Il faut prendre acte des résultats de la consultation, a avancé Christian Wasserfallen (PLR/BE) pour la commission. Ce projet ne réunit pas de majorité, il ne faut pas le mettre sur les rails s'il est voué à l'échec. Le Parlement doit tenir compte des critiques au vu de la position claire des cantons, a ajouté Giorgio Fonio (Centre/TI).
L'introduction du droit de vote à 16 ans entrerait en contradiction avec les droits et devoirs civils et pénaux prévus pour les citoyens et citoyennes suisses à partir de 18 ans, a complété le co-rapporteur Piero Marchesi (UDC/TI). Et d'estimer qu'il est problématique de définir des âges différents pour le droit de vote et le droit d’éligibilité.
"Démocratie représentative"
Ce n'est pas la première fois que le National se prononçait sur la question. Lors des votes précédents, l'introduction du droit de vote à 16 ans avait passé la rampe de justesse, grâce à l'ancienne composition du plénum.
La gauche, le PVL et une partie du Centre voulaient poursuivre le projet. Balthasar Glättli (Vert-e-s/ZH) a regretté qu'il faille ressortir de vieux arguments au lieu de se pencher sur le projet en détail. Il ne faut pas répéter une votation jusqu'à ce qu'il y ait le résultat qu'on aimerait voir, a abondé Nadine Masshardt (PS/BE).
Les jeunes sont les plus impactés par les décisions prises aujourd'hui, a encore souligné la Bernoise. Ils sont prêts à participer à la vie politique du moment qu'on les autorise.
Il s'agit de donner un signal clair aux jeunes, a abondé Patrick Hässig (PVL/ZH). Cela ferait gagner 2,4% d'électeurs, aujourd'hui 130'000 jeunes sont "privés" du droit de vote. "Secouons-nous un peu et incluons-les", a-t-il encore lancé. "Plus une démocratie est représentative, plus elle est forte", a appuyé Delphine Klopfenstein (Vert-e-s/GE).
L'exception glaronnaise
Au niveau cantonal, seul Glaris accorde pour l'instant le droit de vote à 16 ans. Victime de l'exode de ses jeunes, il a choisi en 2007 de leur envoyer un signal pour les inciter à rester au pays. D'autres cantons ont refusé une telle disposition, comme Neuchâtel, Uri, Zurich ou Berne.
Sur le plan international, l'Autriche connaît le droit de vote dès 16 ans depuis une dizaine d'années. L'expérience se montre concluante: les jeunes de 16 et 17 ans sont apparemment plus nombreux à voter que les nouveaux électeurs plus âgés.