(ats) La Suisse doit se doter d'un plan national contre le cancer. Le National a transmis jeudi au Conseil fédéral, par 128 voix contre 54, une motion des Etats qui estime qu'une meilleure coordination est nécessaire.

Depuis l'expiration de la Stratégie nationale contre le cancer 2014-2020, la Suisse ne dispose plus d'aucune stratégie en la matière. L'association faîtière Oncosuisse a repris le travail en coordonnant les projets et activités entre les acteurs de ce secteur. Mais ni la Confédération ni les cantons ne participent à ces travaux.

Or, la continuité et la pérennité de cet important effort à l'échelle nationale ne pourront être garanties que si Oncosuisse a un mandat national, a fait valoir Léonore Porchet (Vert-e-s/VD) pour la commission.

Et d'ajouter qu'au vu du défi conséquent que constitue la lutte contre le cancer, la commission doute que les autres stratégies nationales, notamment celle contre les maladies non transmissibles, puissent couvrir efficacement tous les aspects de la lutte contre le cancer. Chaque année, environ 45'000 cas de cancer sont détectés en Suisse, a rappelé la Vaudoise.

Au niveau international, l'OMS invite les Etats à élaborer un plan national de lutte contre le cancer. L'Allemagne et la France se sont dotées d'un plan cancer à l'échelon national et, à l'échelle européenne, un plan européen pour vaincre le cancer a été élaboré.

Acteurs sur le terrain

A l'instar du Conseil fédéral, l'UDC recommandait le rejet de cette motion. Selon eux, Oncosuisse dispose de tous les outils nécessaires pour mener à bien une stratégie nationale contre le cancer sans le concert des autorités publiques, étant donné qu’elle s’est chargée de développer le réseau et les activités pour le plan national 2014-2020.

Différentes stratégies couvrent déjà les divers domaines de la lutte contre le cancer. La prévention est par exemple couverte par la Stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles (MNT), a indiqué Thomas Aeschi (UDC/ZG).

Le gouvernement n'estime pas pertinent d'avoir un organe de coordination supplémentaire. Les différents acteurs, dont Oncosuisse, ont les capacités nécessaires, a assuré la ministre de la santé Elisabeth Baume-Schneider. Et de préciser que l'Office fédéral de la santé publique est en contact régulier avec Oncosuisse.