(ats) La Suisse ne se dotera pas d'un registre central des armes à feu. Le Conseil national a rejeté mardi par 116 voix contre 72 une initiative parlementaire de Marionna Schlatter (Vert-e-s/ZH) en ce sens.

Les ménages suisses détenaient en 2018 environ 2,3 millions d'armes, ce qui en fait l'un des pays occidentaux où la densité d'armes est la plus élevée, rappelle la Zurichoise. Et depuis le début de la guerre en Ukraine, certains cantons font état d'une très forte hausse des demandes de permis d'acquisition d'armes.

Pour la gauche, il est judicieux de pouvoir déterminer avec précision le nombre d’armes en circulation dans le pays et de pouvoir observer les tendances dans ce domaine. La Confédération ne dispose pas de statistiques en la matière. "On sait combien il y a de vaches en Suisse, mais pas combien il y a d'armes", a noté Mme Schlatter.

Les policiers et policières demandent depuis longtemps la création d’une banque de données centralisée des armes, a-t-elle ajouté.

Fédéralisme

Une banque de données centralisée irait à l’encontre du fédéralisme, a rappelé Jean-Luc Addor (UDC/VS) au nom de la commission. La souveraineté policière et l’exécution de la loi sur les armes relèvent de la compétence des cantons.

De plus, la loi sur les armes a déjà été durcie en 2019 et la mise en réseau actuelle des registres cantonaux sur les armes est suffisante. Le Valaisan a également mis en doute le soutien de toutes les polices à un tel registre.

Par ailleurs, les armes détenues illégalement n’apparaissent jamais dans un registre des armes, a-t-il souligné. En Suisse, dans 80% des cas où un auteur tue sa partenaire et ses enfants, cela est fait au travers d’armes à feu légales, a rétorqué en vain Mme Schlatter.