Le Genevois ne conteste pas la nécessité pour ces véhicules de pouvoir déroger aux règles de priorité routière. Ils doivent pouvoir intervenir sans mettre en danger la sécurité des usagers de la route.
La loi précise que la priorité leur est donnée quand ils utilisent conjointement le feu bleu et l'avertisseur à deux sons alternés. Elle mérite d'être repensée, selon M. Poggia. Les conducteurs de ces véhicules doivent bénéficier d'une marge d'appréciation sans perdre leur priorité.
Les habitants proches des hôpitaux mènent une vie de plus en plus compliquée, a encore avancé le Genevois. Et d'invoquer le principe de proportionnalité. "Peut-on considérer qu'il existe un risque si un véhicule prioritaire n'enclenche pas sa sirène à trois heures du matin?"
Le Conseil fédéral était opposé. Les conducteurs de véhicules prioritaires peuvent déjà utiliser le feu bleu sans sirène durant la nuit, pour autant qu'ils ne dérogent pas de manière significative aux règles de la circulation et ne font pas valoir leur droit spécial de priorité. Cependant, la combinaison du feu bleu et de la sirène est nécessaire et appropriée, la nuit aussi, pour éviter les accidents, dans les carrefours par exemple.
Le ministre des transports Albert Rösti a aussi évoqué les piétons malvoyants ou aveugles, qui pourraient ne pas détecter ces véhicules en temps opportun, lorsqu'ils traversent la route par exemple.
Enfin, une disposition nationale prévoyant la possibilité d’actionner seulement le feu bleu pour obtenir la priorité serait contraire au droit international. Elle compromettrait ainsi la sécurité, quand des conducteurs étrangers circulent en Suisse. Le ministre a été entendu par 29 voix contre 5.