(ats) La Confédération, propriétaire du Grütli, doit décider elle-même des orateurs invités à s'y exprimer le 1er août. Le National a accepté lundi, par 98 voix contre 84, une motion de Thomas Aeschi (UDC/ZG) en ce sens. Cette tâche est actuellement du ressort de la Société suisse d'utilité publique (SSUP) et réglée par une convention.

"La Ssups a effectué un virage à gauche comme en atteste le choix des orateurs pour prononcer le discours du 1er août", a lancé M. Aeschi. Et de citer Simonetta Sommaruga à plusieurs reprises, Alain Berset ou Elisabeth Baume-Schneider. L'Etat doit lui-même administrer "le berceau de la Confédération helvétique". "Il faut gérer de manière digne ce lieu d'une telle portée symbolique", selon le Zougois, demandant un choix plus équilibré des orateurs.

Le Grütli appartient à tout le monde, c'est un lieu de mémoire, un endroit important pour l'Histoire suisse, a admis Karin Keller-Sutter. Cependant, le Conseil fédéral n'a pas à donner d'instructions à la SSUP.

Celle-ci a acheté le Grütli en 1859, puis l'a cédé aux autorités confédérales le 2 juillet 1860 afin qu'il acquiert le statut de bien national inaliénable. Selon l'acte de donation, la SSUP administre le site. Elle a institué la "délégation du Grütli", qui accomplit ses tâches en toute indépendance et sans instructions de la Confédération.

Karin Keller-Sutter a encore indiqué avoir été invitée au 1er août de cette année mais avoir décliné, car elle sera à l'étranger avec des Suisses de l'étranger. Son collègue Albert Rösti a aussi été invité, mais elle ne sait pas s'il a donné suite.

La motion a reçu l'aval de l'UDC, ainsi que d'une partie du PLR et du Centre. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.

Non au rachat de la Place fédérale

Dans un registre voisin, le National a en revanche rejeté, par 123 voix contre 63, une motion de Christian Imark (UDC/SO) qui demandait au Conseil fédéral d'entamer des négociations pour acheter la Place fédérale. L'auteur de la motion est mécontent du nouveau règlement que le gouvernement de la Ville de Berne a adopté pour l'utilisation de la Place fédérale en 2021.

Les nouvelles règles autorisent les manifestations durant les sessions si le gouvernement de la ville estime que c'est approprié. Les manifestations politiques durant les sessions sont donc particulièrement prisées.

Le Soleurois, sans remettre en question le droit de manifester, estime que ces événements ont un impact sur la sécurité des parlementaires et la tranquillité de leur environnement de travail. "On ne parle pas de n'importe quelle place, mais de la Place fédérale", a-t-il déclaré.

Le Conseil fédéral s'est opposé à l'idée. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a rappelé qu'il manque la base légale nécessaire pour acheter la Place fédérale. Celle-ci fait partie du réseau routier communal, comme la Bundesgasse à proximité, et la ville de Berne n'a aucun intérêt à vendre la Place fédérale, a continué la ministre. Et de privilégier la collaboration et le dialogue. "C'est une question de confiance."