(ats) Les personnes souhaitant sortir de la prostitution n'obtiendront pas d'aide pour se réorienter professionnellement. Le Conseil des Etats a unanimement rejeté mercredi une motion du National en ce sens.

Des études montrent que 80 à 90% des personnes exerçant la prostitution cesseraient immédiatement cette activité si elles le pouvaient. La majorité d'entre elles se prostitue par nécessité économique ou sous la contrainte, rappelle le texte de l'ancienne députée Marianne Streiff (PEV/BE).

La motion prévoit que le Conseil fédéral élabore une stratégie, déclinée en mesures concrètes, traitant d'offres de formation, de réinsertion professionnelle, de logement ou encore de soutien psychothérapeutique. Le but principal est de donner les moyens de gagner durablement leur vie de manière autonome aux personnes qui souhaitent sortir de la prostitution.

Les personnes migrantes sont particulièrement touchées, car la prostitution est souvent la seule solution qui s'offre à elles pour se nourrir et nourrir leur famille, rappelle la motionnaire.

Fédéralisme

Les moyens d'agir de la Confédération sont très limités dans le domaine, car la problématique relève avant tout des cantons, a fait valoir Daniel Jositsch (PS/ZH) au nom de la commission. Les mesures de la Confédération et des cantons portent sur l'amélioration des données, les aides au retour pour les victimes et les brochures d'information relatives aux pays d'origine typiques des victimes.

Des formations de base et continues destinées à la police et à la justice en font aussi partie. Bon nombre de ces mesures ont déjà été introduites ou sont en cours de réalisation, selon le conseiller fédéral Beat Jans, qui s'opposait à la motion en raison du fédéralisme.