(ats) La Suisse doit soutenir les travaux de déminage en Ukraine. Le Conseil fédéral est chargé de préparer un programme international à cet effet. Les entreprises suisses devront dans la mesure du possible être prioritaires pour des mandats dans ce cadre.

Le Conseil national a accepté jeudi par 131 voix contre 59 une motion modifiée par la chambre des cantons. L'UDC s'y est opposée. Il ne faut pas grever le budget du DDPS pour des missions douteuses à l'étranger, a indiqué Walter Gartmann (UDC/SG). On est loin de la fin du conflit. Pas question de déminer des territoires potentiellement aux mains de Russes, a-t-il ajouté.

Des arguments qui n'ont pas convaincu. La Suisse a un savoir-faire en la matière. Elle héberge des entreprises dotées d’une grande expertise dans ce domaine, expertise dont il s’agit de profiter, a souligné Pierre-Alain Fridez (PS/JU). Et de citer la fondation Digger qui produit des machines télécommandées de déminage.

La Fondation suisse de déminage (FSD), dont le siège est à Genève, procède déjà depuis 2015 au déminage de mines et de munitions non explosées en Ukraine. Pour ce faire, elle forme elle-même les démineurs.

Ce soutien pour le déminage est important pour le Conseil fédéral, a abondé la cheffe du Département fédéral de la Défense, Viola Amherd. Cela correspond à la politique humanitaire de la Suisse.

Mais elle aurait préféré la motion d'origine. Avantager des entreprises suisses viole le principe de non-discrimination pour les marchés publics, a-t-elle averti. En vain. Le conseil a penché pour le texte modifié qui est désormais transmis au gouvernement.

40% du territoire touché

Pour le groupe socialiste à l'origine de la motion, ce programme de déminage doit permettre à la Suisse de participer à la reconstruction durable de l’Ukraine et de montrer sa solidarité sans compromettre sa neutralité.

Le Conseil fédéral a approuvé en septembre 2023 une enveloppe de 100 millions destinée au déminage humanitaire dans les zones civiles d'Ukraine. Selon le gouvernement ukrainien, 250'000 kilomètres carrés, soit 40% de la superficie du pays, sont contaminés par des mines ou des restes d'explosifs de guerre.