Le Conseil fédéral a décidé de vendre Beyond Gravity. Or, l'entreprise revêt une dimension stratégique pour la sécurité de la Suisse, son potentiel d'innovation et son dynamisme industriel, a indiqué Isabelle Chappuis (C/VD) pour la commission.
Et la Vaudoise de souligner que l'entreprise est le quatrième acteur de l'industrie spatiale européenne. Vendre Beyond Gravity serait comme "brader une Rolex pour ses pièces". De plus, la vente de cette entreprise risquerait d'entraîner l'effondrement de l'écosystème suisse dans ce domaine.
Certes, le domaine du spatial est stratégique, mais Beyond Gravity n'est pas plus importante que les autres entreprises suisses actives dans le domaine et elle ne remplit pas de mandat de service public, a relevé Fabien Fivaz (Vert-e-s/NE) dans sa proposition individuelle de rejeter le texte.
Pas pertinente pour la sécurité
De plus, au vu de l'état des finances de la Confédération, cette dernière ne pourrait pas investir dans Beyond Gravity, ce qui pourrait menacer sa compétitivité et sa pérennité. Un investisseur privé permettrait mieux à l'entreprise d'innover, a abondé la ministre des finances Karin Keller-Sutter, qui a confirmé la fourchette de 500 à 600 millions d'investissements nécessaires ces prochaines années, mentionnés dans la presse ce week-end.
Et de rappeler que Beyond Gravity fournit des composants, mais ne réalise pas des systèmes complets. Elle ne peut par exemple pas fournir de satellite ou de fusée. De plus, son chiffre d'affaires provient à 96% de l'étranger. Le chiffre d'affaires provenant de l'armée suisse - 200'000 francs - représente 0,1%. Beyond Gravity n'est donc pas une entreprise pertinente pour la sécurité, a conclu la ministre.
La garder en mains de la Confédération serait de la politique industrielle. Et dans ce cas, pourquoi choisir cette entreprise plutôt qu'une entreprise active dans l'intelligence artificielle, a demandé la ministre.
Lors du vote, le Neuchâtelois a été suivi par les membres de son parti, le PLR et une poignée de centristes. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.