Pour la première fois, le Parlement a eu la possibilité de déterminer l'orientation stratégique de l'armée sur le long terme et les capacités à lui donner. Les députés se sont prononcés sur de nombreux ajouts demandés par la gauche ou la droite.
Nicole Baradun (C/ZH) a rappelé que ce n'est pas parce qu'on a la possibilité de s'exprimer qu'on peut faire une nouvelle stratégie. Les capacités de l'armée doivent être concentrées sur la défense. La protection de la population est en main des cantons et l'armée n'intervient que de manière subsidiaire.
Trop loin
La gauche aurait voulu étendre les capacités de l'armée et intégrer une meilleure sécurité pour la population. Cela passe notamment par une meilleure collaboration avec les pays voisins en matière d'échange de renseignement, une police aérienne efficace et une meilleure protection de l'espace électromagnétique, a argué Andrea Zryd (PS/BE). Ce sont des tâches de la police et de la protection civile, a contré la ministre de la défense Viola Amherd.
Patrick Hässig (PVL/ZH) a plaidé pour intégrer le domaine sanitaire dans les capacités de l'armée afin d'assurer les soins médicaux d'urgence en cas de crise militaire.
De l'autre côté de l'échiquier, Bruno Walliser (UDC/ZH) aurait voulu étendre les capacités du Service de renseignement militaire dans le domaine du suivi de la situation. Il devrait pouvoir analyser de manière plus approfondie l'évolution des forces armées ou le développement des armes.
"C'est aller trop dans le détail", a estimé Viola Amherd. Pour la ministre de tutelle, ces ajouts ne représentent pas des domaines de capacités propres. Ils ressortent de l'ensemble des tâches de l'armée.
Espace, cyber et intégrité cognitive
Au final, seules trois propositions ont été retenues. Le domaine spatial doit être développé. Les députés ont été unanimes sur ce point. Les capacités du domaine cyber doivent également être "considérablement" développées.
Isabelle Chappuis (C/VD) a réussi à intégrer également la protection de l'intégrité cognitive. Aujourd'hui, "on peut manipuler notre mémoire". "Il n'y a pas de limite à la guerre cognitive, invisible, menée contre nos esprits." La décision est tombée par 98 voix contre 92.
Le débat reprend jeudi matin.