(ats) Le Parlement reste divisé sur la contribution fédérale au domaine des Ecoles polytechniques fédérales (EPF). Le National veut maintenir 100 millions de plus pour 2025, ce que le Conseil des Etats refuse, tout comme le Conseil fédéral. Lundi, les sénateurs ont coupé la poire en deux.

Le Conseil fédéral a fixé un plafond des dépenses de 29,2 milliards de francs pour le message Formation, recherche et innovation (FRI) 2025-2028. En raison de la situation financière tendue de la Confédération, il a prévu des réductions, comme une baisse de la contribution au domaine des EPF de 100 millions de francs en 2025.

Le National a refusé par deux fois cette coupe, tandis que le Conseil des Etats a validé la décision gouvernementale. Les sénateurs proposent désormais un compromis, avec 50 millions de plus par rapport aux 11,1 milliards prévus par le Conseil fédéral. Pour la commission, Matthias Michel (PLR/ZG) a concédé que le nombre d'étudiants avait fortement augmenté à la récente rentrée universitaire.

La gauche et quelques élus PLR souhaitaient même garder l'ensemble des 100 millions. Se réjouissant de l'augmentation du nombre d'étudiants, Flavia Wasserfallen (PS/BE) a avancé qu'il fallait plus de ressources, pour ne pas perdre en qualité.

Andrea Gmür-Schönenberger (Centre/LU) a demandé au contraire de renoncer aux 100 millions. Avec le triplement des taxes pour les étudiants étrangers, déjà avalisé par le Parlement, il y aura à long terme plus d'argent à disposition, a-t-elle argué. Et d'estimer que plus d'étudiants ne signifie pas forcément plus de coûts.

Le ministre de la formation et de la recherche Guy Parmelin a rappelé que cela faisait deux ou trois ans que les EPF étaient averties qu'elles devaient prendre des mesures et préparer des concepts pour faire face à la hausse d'étudiants. Elles restent malgré tout attrayantes, a-t-il ajouté. Il n'a pas été suivi de justesse, par 22 voix contre 21.

Davantage d'étudiants en médecine

La Chambre des cantons a aussi fait un pas vers celle du peuple concernant le soutien aux hautes écoles afin d'augmenter le nombre d'étudiants diplômés en médecine humaine. Elle souhaitait initialement allouer, dans le cadre des montants prévus, une enveloppe maximale de 75 millions à cet effet. Le National n'en a pas voulu, estimant que le montant ne devait pas être soustrait à d'autres projets.

Désormais, les sénateurs demandent 50 millions. Isabelle Chassot (Centre/FR) a souligné l'importance d'augmenter le nombre de diplômés dans ce domaine. Il y a un besoin avéré de médecins de famille auquel il faut répondre, a appuyé Charles Juillard (Centre/JU), évoquant notamment les personnes âgées dans les régions périphériques qui se retrouvent en difficulté. La gauche et une partie du PLR auraient préféré accorder seulement 25 millions.

Autres compromis

Pour le reste, le Conseil des Etats a proposé d'autres compromis. Dans le domaine de la formation professionnelle, il a par exemple accepté un transfert de quelque 23 millions d'un poste à un autre, au lieu d'une hausse de crédit.

Il a aussi plié sur certains points. Ainsi, les sénateurs ont adopté le concept des députés en matière de soutien aux universités cantonales et aux hautes écoles, avec également un transfert de crédits.

Ils ont aussi accepté la hausse voulue par le National de 4,5 millions pour soutenir des établissements de recherche d'importance nationale. Ils suivent encore les députés pour compenser ce montant en coupant notamment dans les fonds pour la participation de la Suisse à des infrastructures et institutions de recherche internationales.

Toutefois, la Chambre des cantons a maintenu sa position sur d'autres points. Elle a refusé plus d'argent pour la formation continue, pour le Fonds national suisse ou encore pour les Académies suisses des sciences. Elle ne veut pas non plus biffer 4 millions dans le financement de bourses allouées à des étudiants et artistes étrangers en Suisse.

Le dossier repart au National.