Dans son texte, le Jura mentionne "l'explosion des coûts de la santé de moins en moins maîtrisés qui entraînent des augmentations de primes de caisse maladie que de plus en plus de ménages peinent à assumer". Et de relever que quelque 550'000 Romandes et Romands ont besoin d'aide pour payer leurs primes d’assurance-maladie et que ce nombre est en augmentation depuis quelques années.
Le canton se demande pourquoi la dépense pour une assurance maladie obligatoire qui constitue une part essentielle des budgets familiaux, comme le loyer qui est intégré au calcul de l'indice, n'est pas aussi prise en compte pour définir le taux de renchérissement.
Pour la commission, Erich Ettlin (Centre/OW) a dit comprendre l'inquiétude face à l'augmentation constante des primes de l'assurance maladie. Toutefois, celles-ci n'ont pas leur place dans l'indice. Ce dernier a pour but de refléter les prix des marchandises et des services, mais pas les dépenses des ménages ni le pouvoir d'achat.
M. Ettlin a souligné que l'indice des primes d'assurance maladie de l'Office fédéral de la statistique mesure déjà l'évolution des primes. Et encore de relever que, si la Suisse modifiait unilatéralement les bases de calcul de l'indice, toute comparaison internationale deviendrait difficile.
Les coûts de la santé sont par ailleurs déjà inclus, représentant 15% de l'indice, a-t-il continué. Ils comprennent entre autres les tarifs des soins ambulatoires et stationnaires, les coûts des médicaments et ceux des soins dentaires.
Prestations propres et réserves
Une assurance maladie ne fait pas que payer des prestations médicales mais a aussi des prestations propres, liées à de l'administration ou à la publicité, a contré Baptiste Hurni (PS/NE). Ces prestations propres ne sont pas comptabilisées dans l'indice, alors qu'elles représentent à peu près 5% des primes payées, soit 1,7 milliard par an.
Il a encore relevé que les primes permettent aussi aux caisses maladie de constituer des réserves, en prévision par exemple de krach boursier. Et de déplorer que les primes d'assurance maladie n'apparaissent nulle part. L'image est faussée, car une grande part d'une contribution obligatoire n'est pas visible dans les statistiques.
En attendant un déblocage du système de santé, Mathilde Crevoisier Crelier (PS/JU) a aussi plaidé pour prendre des solutions qui permettraient de soulager plus rapidement la population. Sans succès.