(ats) Les étudiantes et étudiants dyslexiques ou concernés par des troubles d'apprentissage du même ordre doivent être autorisés à utiliser un ordinateur et des logiciels adéquats durant leurs études gymnasiales. Le National a adopté jeudi, par 99 voix contre 82, une motion de Sidney Kamerzin (Centre/VS) en ce sens.

Les troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dysphasie, etc.) touchent environ 8% des étudiants suisses, a relevé le motionnaire. L'utilisation d'un ordinateur et de logiciels spécifiques est devenue un outil essentiel pour les élèves concernés, leur permettant de contourner les difficultés auxquelles ils sont confrontés et de suivre un cursus scolaire sans discrimination par rapport aux autres élèves.

Ils peuvent ainsi surmonter leur trouble et poursuivre leur scolarité comme les autres. Ceci est très important pour leur insertion professionnelle et sociale, selon le Valaisan, qui parle d'"égalité des chances".

Si des mesures comme des moyens auxiliaires ou une assistance spécifique sont accordées aux niveaux primaire, secondaire I et universitaire, cet apport essentiel n'est pas reconnu au niveau gymnasial, ce qui mène à des disparités d'un canton à un autre, et même d'un établissement à un autre, a déploré M. Kamerzin. Et de comparer la situation à celle de refuser à un étudiant qui a des lunettes d'en porter au moment de l'examen de maturité.

Réforme en cours

Le Conseil fédéral était opposé, relevant la compétence exclusive des cantons. La Confédération n'émet pas de directives dans ce domaine. Les cantons s'accordent conjointement pour reconnaître au niveau national les diplômes gymnasiaux en vue de l'entrée dans les hautes écoles, a rappelé le ministre de la formation Guy Parmelin.

Il a aussi mentionné la révision totale relative à la maturité gymnasiale, adoptée en juin dernier, qui oblige les cantons à prendre des mesures appropriées pour soutenir l'équité. Dans ce cadre, des directives et des recommandations contraignantes relatives à la compensation des désavantages sont en train d'être élaborées.

Elles devraient être publiées cet automne. Toutefois, elles devraient être formulées de manière générale. Ainsi, les questions de mise en oeuvre de telle ou telle mesure spécifique, comme l'utilisation d’un ordinateur, ne seront vraisemblablement pas traitées.

Sans succès. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.