Economiste d'entreprise de 46 ans, spécialiste de la politique de sécurité, Maja Riniker siège depuis cinq ans à la Chambre du peuple. Durant quatre sessions, elle aura la tâche de mener les débats.
"Je souhaite que nous prenions dans cette salle, au cours des douze prochains mois, des décisions solides et durables pour l'avenir de notre pays", a-t-elle déclaré dans son discours. "Notre pays en a besoin."
"La cohésion dans la diversité"
L'Argovienne entend placer son année présidentielle sous le mot d'ordre: "La cohésion dans la diversité". Pour elle, la diversité et la cohésion sont interdépendantes, et l'une ne peut exister sans l'autre dans le pays.
Alors que la Suisse connaît quatre langues nationales ainsi que différentes régions et cultures, "nous sommes unis par une compréhension commune de la démocratie directe: un aspect que nous devons chérir et vivre", a-t-elle souligné. "Ce qui est pour nous une valeur certaine reste malheureusement une réalité de plus en plus rare dans le monde."
La démocratie signifie défendre ses convictions et ses valeurs, et rechercher des majorités, mais aussi accepter que la population prenne parfois des décisions différentes de celles que l'on souhaiterait, selon la présidente fraîchement élue. La démocratie, c'est aussi respecter et soutenir les minorités, d'autant plus si on fait partie soi-même de la majorité, a-t-elle continué.
Avant son élection, l'Argovienne avait déjà relevé que la Confédération "ne se limite pas à la Suisse alémanique". Et de préciser qu'elle suivait des cours de conversation depuis son arrivée sur la scène politique nationale, afin d'améliorer son français.
Maja Riniker sera soutenue dans sa fonction par Pierre-André Page (UDC/FR), élu premier vice-président par 156 voix sur 161 bulletins valables. Katja Christ (PVL/BS) assurera la deuxième vice-présidence, élue par 115 voix sur 163 bulletins valables.
Politicien dans l'âme
Quant à Andrea Caroni, 44 ans, il est un politicien dans l'âme. Il a commencé sa carrière politique lorsqu'il a rejoint à 19 ans la section locale du PLR nouvellement créée à Grub (AR). En 2011, alors qu'il était ministre des finances d'Appenzell Rhodes-Extérieures, il a été élu au National avec une nette avance sur ses adversaires. Quatre ans plus tard, il a été élu au Conseil des Etats, puis il a été réélu deux fois avec de bons résultats, parfois sans concurrence.
Avant son élection, le libéral-radical d'Appenzell Rhodes-Extérieures avait déjà indiqué vouloir profiter de son année de présidence pour souligner l'importance des institutions démocratiques libérales en Suisse.
"Le monde va mal", a lancé Andrea Caroni dans son discours. Dans le monde entier, beaucoup trop de gens sont opprimés par des despotes, l'autocratie gagne à nouveau du terrain et l'Etat de droit libéral et démocratique est sous pression, a-t-il énuméré. "Dans les cas particulièrement pathologiques, ces despotes transportent encore la violence sous forme de guerre dans d'autres pays."
Ce despotisme est malheureusement la norme dans l'histoire de l'humanité, car l'attrait du pouvoir est fort, a poursuivi le nouveau président. "Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. Les philosophes des Lumières le savaient, tout comme mon auteur préféré, Tolkien, dans son 'Seigneur des anneaux'."
"Tout n'est pas noir"
Mais tout n'est pas noir, a-t-il développé. La pauvreté, dans le monde comme en Suisse, a reculé. L'espérance de vie a augmenté. Pour libérer cette force de progrès, "nous avons besoin de liberté et de sécurité, que nous obtenons grâce à des institutions de vie en commun". La politique suisse est conçue de manière à ce que tout le monde soit impliqué et que personne n'ait trop d'influence, afin que "le pouvoir soit fragmenté", a-t-il conclu.
Andrea Caroni pourra compter sur le soutien de Stefan Engler (Centre/GR), élu premier vice-président par 45 voix sur 45 bulletins valables. Werner Salzmann (UDC/BE) a été élu second vice-président par 43 voix sur 43 bulletins valables.